Affaire « c’est la fête »: le député Soumaïla Sounon Boké donne des explications et clame son innocence

Affaire « c’est la fête »: le député Soumaïla Sounon Boké donne des explications et clame son innocence

Le procès du député du parti Les Démocrates, Soumaïla Sounon Boké, s’est ouvert ce mardi 13 janvier 2026 devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), après le rendez-vous manqué du 30 décembre dernier. Dans la salle d’audience, le prévenu apparaît serein. Il est vêtu d’un ensemble blanc. Sa barbe grisonnante et son regard calme attirent l’attention. Face aux juges, il plaide non coupable.

Dès l’entame des débats, ses avocats, Me Mousbayi Aminou Padonou et Me Aboubakar Baparapé, contestent vigoureusement la procédure de flagrance utilisée lors de son interpellation. Selon la défense, le temps écoulé entre l’envoi du message incriminé « c’est la fête » et l’arrestation de leur client exclut toute qualification de flagrant délit. Pour eux, cette procédure prive illégalement le député de son immunité parlementaire. La défense dénonce également le délai jugé excessif avant la présentation du prévenu devant une juridiction. Le ministère public répond que le 30 décembre constituait le premier jour ouvrable après la période des fêtes, ce qui expliquerait ce calendrier judiciaire. À la barre, Soumaïla Sous non Boké livre sa version. Il affirme que le message à l’origine des poursuites a été envoyé par inadvertance dans le groupe WhatsApp « Banikoara News ». Ce message était, selon lui, destiné à un autre groupe de retrouvailles où les membres cotisent pour l’achat d’un mouton à l’approche d’une fête. Un appel téléphonique serait intervenu pendant la rédaction. Le téléphone, resté dans sa poche et non verrouillé, aurait envoyé le message sans qu’il ne s’en rende compte, rapporte Bip Radio. Le député rejette toute intention subversive:« Je rejette toute forme de violence et de coup d’État. Je ne vois pas l’opportunité de faire un coup d’État à un président qui a décidé de quitter le pouvoir », déclare-t-il devant la cour. À la fin de sa déposition, il s’adresse aux juges:« La providence a voulu que le sort de ma carrière soit décidé par vous. Quelle que soit la décision que vous prendrez, je ne vous en voudrai pas. ». Ses avocats sollicitent ensuite la mise en liberté provisoire, estimant que les garanties de représentation offertes par son statut de député sont suffisantes. Le ministère public s’y oppose. La présidente de la cour renvoie alors le dossier au 24 février 2026 pour statuer sur cette requête.

Pour rappel, Soumaïla Sounon Boké est poursuivi pour « apologie de crime contre la sûreté de l’État » et « incitation à la haine et à la violence ». Il a été interpellé le 23 décembre 2024, à la suite de la publication du message « c’est la fête », le jour de la tentative de coup d’État survenue le 7 décembre 2025.

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Rédaction

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