Regards croisés : Joseph Djogbénou, naturellement, mais…
Les députés de la 10e législature ont été installés ce dimanche 8 février 2025. Dans la foulée, les membres du bureau pour conduire les destinées de cette cuvée spéciale septénaire sont connus.
Sans surprise, au perchoir, l’unanimité a été faite autour de celui qui était pressenti depuis de longues dates comme le seul, pratiquement, qui réunit à la fois capacité intellectuelle et parcours politique qui forcent respect et admiration. Des amphithéâtres de droit à la tête de la deuxième institution de la république, le chemin fut long et parsemé d’embûches.
La décennie qui s’achève aura été pour l’avocat le symbole d’une ascension fulgurante au sein d’une gouvernance marquée par la rupture. Une nouvelle dynamique dont les précurseurs se comptent, dix ans après, au bout des doigts.
Fidèle depuis les premières heures, Joseph Djogbénou fut ministre de la Justice (2016-2018), président de la Cour constitutionnelle (2018-2022), actuel président du plus grand parti politique, Union progressiste le Renouveau (UP-R), puis, depuis ce dimanche, nouveau président de l’Assemblée nationale, 10e législature.
Au-delà des excentricités naturelles, des émotions contenues pour la plupart et de la fausse modestie chez d’autres, quels sont les réels enjeux ou défis de cette Assemblée nationale « unijambiste » malgré les apparences trompeuses ?
En effet, en l’absence d’une opposition, seuls les deux partis représentatifs de la mouvance vont siéger au parlement jusqu’en 2033. Il est un secret de Polichinelle que les débats parlementaires, autrefois très animés et d’un niveau assez élevé, ont perdu de leur prestige depuis quelques années. Avec cette 10e législature « monocolore », installée presque dans l’indifférence totale, peut-on espérer le retour des échanges de haut vol ?
Malgré cet océan de suspicions, mentions spéciales à quelques honorables qui se distinguent toujours par leurs interventions très appréciées. Malheureusement, une seule hirondelle ne fait pas le printemps, dit-on. Pour le reste, croisons juste les doigts.
Vive les nouveaux premiers députés septénaires !!!
Par Ignace NATONNAGNON
