Burkina Faso : silence autour de Paul-Henri Damiba, ses conditions de détention inquiètent selon RFI
Près de deux mois après son extradition du Togo vers le Burkina Faso, le sort de l’ancien président de la transition, Paul‑Henri Sandaogo Damiba, reste entouré d’incertitudes. L’ancien chef militaire vit actuellement en détention à Ouagadougou. Peu d’informations circulent sur ses conditions de garde. Cette situation nourrit les inquiétudes de ses proches et de certains observateurs.
Selon plusieurs sources concordantes, l’ancien lieutenant-colonel serait détenu dans une annexe de l’Agence nationale de renseignement. Le lieu reste discret et les visites semblent très limitées. Des témoignages évoquent des interrogatoires difficiles. Une source parle même d’interrogatoires qualifiés de musclés. Les autorités burkinabè n’ont pas confirmé ces allégations pour l’instant. Ces inquiétudes rappellent les critiques formulées récemment lors du procès dit de Procès de Koupéla. Durant cette affaire, des avocats avaient dénoncé des violences commises contre certains magistrats accusés de corruption. Ce précédent alimente aujourd’hui les interrogations autour du traitement réservé à l’ancien dirigeant. Au-delà des conditions de détention, une autre question se pose. Personne ne sait encore qui assurera la défense de Paul-Henri Damiba. L’ancien chef de la transition fait face à plusieurs accusations graves. La justice évoque notamment des faits de détournement criminel de deniers publics, d’enrichissement illicite, de corruption et d’incitation à la commission de crimes et délits.Pour le moment, aucun avocat ne s’est officiellement déclaré pour le représenter. Dans les milieux judiciaires de Ouagadougou, les spéculations se multiplient. Plusieurs noms circulent, mais aucun n’a été confirmé. Cette absence de défense connue renforce le flou autour de la situation judiciaire de l’ancien homme fort du Burkina Faso.
