Maroc champion d’Afrique sur tapis vert: Le Sénégal adresse une mise en demeure à la CAF en attendant de saisir le TAS

Maroc champion d’Afrique sur tapis vert: Le Sénégal adresse une mise en demeure à la CAF en attendant de saisir le TAS

La Fédération sénégalaise de football a vite réagi à la décision de la CAF qui consacre le Maroc champion sur tapis vert, plus de deux mois après la compétition. Dans une correspondance adressée au Secrétaire Général de l’institution, la partie sénégalaise conteste la décision de la CAF. Dans son courrier, la FSF évoque les limites de l’application de l’article 84 qui fonde la décision qu’elle juge infondée en droit, arbitraire et manifestement disproportionnée.

Lire l’intégralité de la correspondance…

 

À l’attention du Secrétaire Général de la CAF

Siège de la CAF – Le Caire, Egypte

Copie : Commission d’Appel de la CAF

OBJET : MISE EN DEMEURE AVANT RECOURS AU TRIBUNAL ARBITRAL DU SPORT (TAS) ET DEMANDE DE SURSIS À EXECUTION

 

Monsieur le Secrétaire Général,

 

La Fédération Sénégalaise de Football (FSF) accuse réception de la décision rendue par la Commission d’Appel de la CAF en date du 17 mars 2026, infirmant la décision de première instance et prononçant le forfait du Sénégal au profit du Maroc pour la finale de la Coupe d’Afrique des Nations.

Par la présente, la FSF conteste formellement cette décision qu’elle juge infondée en droit, arbitraire et manifestement disproportionnée.

1. Violation des Lois du Jeu (IFAB) et de la Souveraineté de l’Arbitre

La Commission d’Appel invoque l’article 84 du règlement de la CAF pour justifier un « abandon ». Or, conformément à la Loi 5 de l’IFAB, l’arbitre de la rencontre a exercé son pouvoir discrétionnaire en optant pour une suspension temporaire et non un arrêt définitif. Le match a repris, le penalty a été tiré, et le résultat a été acquis au terme des prolongations. En requalifiant un incident de jeu résolu sur le terrain en « forfait » a posteriori, la CAF viole la doctrine constante du TAS sur la souveraineté de l’arbitre (Field of Play Doctrine).

2. Erreur manifeste de qualification juridique

L’application de l’article 84 est abusive. Un « abandon » suppose une rupture définitive de la compétition. Le retour des joueurs sénégalais sur la pelouse et la validation de la fin du match par l’arbitre rendent l’article 84 inapplicable. Le résultat ayant été homologué et le trophée remis officiellement, la sécurité juridique de la compétition est gravement compromise par ce revirement.

3. Disproportion de la sanction

Le retrait d’un titre continental pour un arrêt de jeu de 15 minutes, alors que l’équité sportive a été respectée par la reprise du jeu, constitue une sanction ultra-vires au regard de la jurisprudence du TAS (notamment TAS 2013/A/3139).

EN CONSÉQUENCE, LA FÉDÉRATION SÉNÉGALAISE DE FOOTBALL :

MET EN DEMEURE la CAF de suspendre l’exécution de cette décision et de geler toute procédure de remise de trophée au Maroc dans l’attente d’un arbitrage définitif.

INFORME la CAF de son intention de saisir le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) sous 48 heures pour obtenir l’annulation pure et simple de cette décision.

DEMANDE la communication immédiate de l’intégralité du rapport de l’arbitre et des officiels de match, pièces essentielles à la défense de nos droits.

À défaut de réponse favorable sous 24 heures, nous engagerons une procédure d’urgence devant le TAS avec demande de mesures provisionnelles pour sauvegarder l’intégrité du palmarès de la CAN.

Dans l’attente de votre retour, veuillez agréer, Monsieur le Secrétaire Général, l’expression de nos salutations sportives.

Pour la Fédération Sénégalaise de Football,

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La Rédaction

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