Guerre russo-ukrainienne: 03 Béninois recrutés, tués au front en Ukraine

Guerre russo-ukrainienne: 03 Béninois recrutés, tués au front en Ukraine

Des révélations mettent en lumière le recrutement de ressortissants africains par l’armée russe dans le cadre du conflit en Ukraine. Selon un rapport du collectif « All Eyes on Wagner », plus de 300 Africains déployés au front ont perdu la vie, parmi lesquels figurent trois Béninois.

Intitulé « Le commerce du désespoir », le rapport indique qu’entre 2023 et 2025, trois citoyens béninois ont été tués après avoir été enrôlés dans les rangs de l’armée russe. L’enquête, menée par un collectif d’experts en cybersécurité et d’universitaires, révèle que sur 1 417 Africains recrutés et envoyés au front, 316 ont trouvé la mort.

S’appuyant sur des recherches en sources ouvertes ainsi que sur le programme ukrainien « Je veux vivre », destiné à encourager la reddition des combattants, les auteurs du rapport affirment avoir identifié les personnes décédées et documenté les profils des recrues. Les données recueillies incluent notamment les noms, dates de naissance, numéros matricules, dates de signature de contrat, durée de service, nationalité et unité militaire.

Les trois Béninois décédés, âgés de 28 à 33 ans, proviendraient de différentes régions du pays. Le plus jeune, identifié par les initiales O. S. M., serait originaire du nord du Bénin, tandis que les deux autres, A. S. S. (31 ans) et O. A. E. (33 ans), seraient issus de familles du sud et du centre. À ce stade, les tentatives pour contacter leurs familles restent infructueuses, bien que la publication des identités complètes puisse permettre leur reconnaissance par des proches.

Le rapport souligne également que certaines nationalités africaines ont été particulièrement touchées. Les Camerounais enregistrent le plus grand nombre de pertes (94 morts), suivis des Ghanéens (55) et des Égyptiens (52). La tranche d’âge la plus représentée parmi les victimes est celle des 18 à 25 ans.

Par ailleurs, la durée moyenne de service des recrues africaines avant leur décès est estimée à six mois, ce qui, selon les auteurs, témoigne d’un manque d’entraînement et d’une utilisation comme « chair à canon ». Certaines recrues auraient été tuées après seulement un mois au front, tandis que la durée maximale observée atteint 19 mois.

Le rapport indique également qu’au moins 15 Béninois figurent parmi les Africains enrôlés par la Russie durant la période étudiée. Il met en lumière des stratégies de recrutement, notamment via des promesses de visas d’études, de tourisme ou de travail. Un ressortissant béninois, identifié comme R. M., aurait ainsi promu ce type d’opportunités sur les réseaux sociaux, apparaissant sur des images aux côtés de soldats russes.

Les contingents les plus importants proviennent d’Égypte (361 recrues), du Cameroun (335) et du Ghana (234). L’âge moyen des recrues africaines est de 31 ans, avec une forte représentation des jeunes adultes. Le plus âgé recensé a 57 ans, tandis que le plus jeune n’avait que 18 ans. Paix à leurs âmes.

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La Rédaction

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