Regards croisés : Èkpè : l’horreur, puis le sursaut…

Regards croisés : Èkpè : l’horreur, puis le sursaut…

« Nul ne doit être soumis à la torture ni à des traitements cruels, inhumains ou dégradants. » Cette disposition de la loi fondamentale vient d’être foulée au pied par des individus à Èkpè.

Pour l’une des rares fois, le peuple béninois se dresse unanimement contre cette barbarie d’une rare cruauté. Comment s’en étonner, tant l’acte, prémédité, relève d’une époque que l’on croyait révolue.

Il faut tirer une fière chandelle à la Police républicaine qui, sans délai, a mobilisé ses services pour traquer les auteurs de ce bûcher humain. Les résultats sont là : les présumés auteurs ont été rapidement interpellés. Mention spéciale au Centre national d’investigation numérique (CNIN) et à l’Institut National de la Femme (INF).

Vingt-quatre heures après l’horreur, et dans l’attente des suites judiciaires, quelles leçons retenir de ce drame ? Malgré tous les efforts consentis par le gouvernement et ses partenaires, cette affaire relance le débat sur les violences basées sur le genre et la  »justice privée ». La mobilisation sur les réseaux sociaux a arraché une victime aux griffes de ses bourreaux. Que chacun le sache : tout contenu diffusé en ligne, même supprimé, laisse des traces. La célérité et l’efficacité de la réponse policière méritent d’être saluées. L’INF, pour sa part, assure le suivi pénal et l’accompagnement de la victime. Ayant échappé à une tentative d’immolation, celle-ci reste sous le choc.

À juste titre, l’Institut appelle à éviter toute double victimisation, en respectant sa dignité et en préservant son identité. Le risque d’un traumatisme irréversible demeure.


Par Ignace NATONNAGNON

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La Rédaction

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