Entre verre et mémoire : Zadji et Ojisua redonnent voix à des traditions oubliées
Après six semaines de résidence de recherche et de création, les artistes Midegbeyan Ojisua du Nigéria et Leonel Zadji du Bénin ont présenté le fruit de leur collaboration. C’était à l’occasion du vernissage de l’exposition collective « Whispers of traditions » à l’Espace culturel Le Centre, le vendredi 15 mai 2026.
L’exposition est née d’un dialogue artistique entre deux sensibilités ouest-africaines. Elle explore le contraste entre les pratiques ancestrales et les réalités contemporaines, en mettant en lumière l’érosion progressive des traditions et la fragilité des cultures face aux mutations sociales et générationnelles.
« Whispers of traditions » se veut un espace de réflexion sur ce qui se transmet, ce qui se perd et ce qui se réinvente. À travers peintures, installations et autres formes visuelles issues de leur résidence, les deux artistes interrogent la mémoire collective et la place des héritages culturels dans le monde d’aujourd’hui.
À en croire le directeur de l’Espace culturel Le Centre, Berthold Hinkati, ce projet de résidence s’inscrit dans une dynamique de coopération artistique régionale visant à favoriser les échanges entre créateurs africains et à valoriser les récits locaux sur la scène contemporaine.
La visite guidée des salles où sont exposées les œuvres a constitué le moment fort et émouvant de la cérémonie. Au cours du vernissage, les deux artistes à l’honneur ont expliqué leur démarche et surtout les enjeux soulevés par leurs œuvres.
Leonel Zadji a la particularité de travailler sur du verre. « Je fais de la peinture sur verre. C’est une technique miroir. Ce soir, j’ai exposé une dizaine d’œuvres, et ces œuvres parlent de la scarification. J’ai essayé d’explorer les différentes scarifications qu’on peut retrouver dans la sous-région.
Sur la collaboration, j’ai compris tout au long de notre séjour que nous sommes vraiment des pays frères : il n’y a pas de différences entre nous. J’ai essayé d’apprendre de lui et vice versa. »
Quant au Nigérian Midegbeyan Ojisua, son travail s’articule autour d’une palette aux teintes sobres et soignées, tissant un lien sensible avec l’héritage chromatique de la Renaissance. Il s’est réjoui de l’aventure à l’espace culturel Le Centre et surtout de cette collaboration qui lui a permis d’explorer d’autres pratiques professionnelles toujours inspirées de la culture locale.
Il faut signaler que l’exposition se poursuit jusqu’au 31 août 2026.
Par Ignace NATONNAGNON

