Premiers pas diplomatiques: après Abuja, le président Wadagni attendu à Niamey
Juste une semaine après son accès au pouvoir, le président béninois Romuald Wadagni effectue ce lundi 1er juin 2026 sa toute première visite bilatérale à l’étranger. À l’invitation de son homologue nigérian, Bola Ahmed Tinubu, le chef de l’État béninois s’envole pour Abuja pour une rencontre de haut niveau consacrée aux principaux enjeux économiques, énergétiques, sécuritaires et régionaux qui unissent les deux pays.
Le choix du Nigeria pour ouvrir le bal de ses visites officielles, le président Wadagni définit des orientations de sa politique étrangère. Cette visite d’amitié et de travail, organisée quelques jours seulement après son accession à la magistrature suprême, place d’emblée la relation bénino-nigériane parmi les priorités de son mandat.
Selon un communiqué de la présidence béninoise, les échanges entre les deux dirigeants porteront notamment sur l’intégration économique et industrielle, la coopération énergétique, la sécurité maritime dans le golfe de Guinée ainsi que sur plusieurs dossiers régionaux d’intérêt commun. Au-delà des questions bilatérales, la rencontre devrait permettre d’examiner la situation sécuritaire et politique en Afrique de l’Ouest. Les deux chefs d’État sont également attendus sur les initiatives visant à préserver l’unité et la cohésion de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), dans un contexte régional marqué par de nombreux défis.
A noter que pour les autorités béninoises, le choix du Nigeria n’a rien d’anodin. Premier partenaire commercial du Bénin et puissance économique majeure de la sous-région, le Nigeria occupe une place centrale dans la stratégie de développement et d’intégration du pays.
Les relations entre les deux États reposent sur des liens historiques, économiques et humains particulièrement étroits. Les 809 kilomètres de frontière commune favorisent depuis plusieurs décennies les échanges commerciaux, la mobilité des populations ainsi que d’importantes interactions culturelles et familiales.
Sur le plan économique, les deux voisins partagent des intérêts convergents. La présidence rappelle que le Port autonome de Cotonou demeure une plateforme stratégique pour les échanges avec le Nigeria et pour le transit des marchandises à destination des pays enclavés de l’hinterland ouest-africain.
Autre illustration de cette dynamique : la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ), qui attire un intérêt croissant des investisseurs nigérians. Selon les chiffres communiqués par la présidence, cette plateforme industrielle a généré plus de 14 000 emplois en 2025. Parallèlement, les exportations formelles béninoises vers le Nigeria ont enregistré une progression de plus de 90 % en 2024.
Après Abuja, l’agenda diplomatique du président béninois pourrait se poursuivre à Niamey.
Par ailleurs, selon plusieurs sources concordantes, Romuald Wadagni serait aussi attendu au Niger ce 2 juin 2026 pour une visite officielle. Cette rencontre pourrait ouvrir une nouvelle phase de dialogue entre les deux pays, dont les relations traversent une période de tensions depuis près de trois ans. Pour piqûre de rappel, la présence du Premier ministre nigérien à la cérémonie d’investiture de Romuald Wadagni, le 24 mai dernier à Cotonou, avait déjà été perçue comme un signal d’apaisement. Une visite présidentielle à Niamey pourrait désormais constituer une étape importante vers une normalisation progressive des relations entre le Bénin et le Niger, deux pays frères.
Par Joseph-Martin HOUNKPE

