Regards croisés : après le milliard sanitaire…

Regards croisés : après le milliard sanitaire…

Lorsqu’une urgence vitale survient, chaque minute compte. Trop de familles béninoises ont connu cette double angoisse : sauver un proche et chercher de l’argent en même temps. Cette fatalité doit s’arrêter.

Au cours du dernier Conseil des ministres, une décision forte a été prise : un milliard de francs CFA pour doter les hôpitaux publics en intrants d’urgence. Une promesse électorale traduite en acte moins d’un mois après l’investiture, pour le bonheur des Béninois.

La consigne est claire : prise en charge immédiate sans condition de paiement. La facture attendra, la vie d’abord. Une avancée majeure !

L’après-milliard : l’outil et l’homme

Le geste est humain et salutaire. La santé est un droit, pas un privilège. Mais il faut regarder loin. L’argent pour les médicaments ne suffit pas si le plateau technique est vétuste et si le personnel est à bout. Des efforts ont été faits sur la dernière décennie, mais quelques tendances lourdes subsistent encore ici et là. Trop de centres manquent d’appareils, d’ambulances, de lits de réa. Trop de soignants enchaînent les gardes, sous-équipés… Les lanternes et lampes-torches continuent d’être des relais systématiques en cas de déficit électrique.

Bravo pour ce milliard qui sauve dès aujourd’hui. L’autre urgence est déjà là : celle des murs, des machines et des hommes. Chers décideurs, un milliard ouvre la porte des urgences. Poursuivons les investissements pour que l’hôpital soit à la hauteur de ceux qui y entrent pour vivre.

C’est à ce prix que la santé cessera d’être un privilège et deviendra enfin le droit de tous les Béninois.


Par Ignace NATONNAGNON

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La Rédaction

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