Procès Dangnivo : les révélations choc de Louis Philippe Houndégnon à la barre ce vendredi
Le procès relatif à la disparition de Pierre Urbain Dangnivo, ancien cadre du ministère des Finances porté disparu en août 2010, est repris ce vendredi 3 juillet 2026 devant le Tribunal de première instance de Cotonou. À la barre, l’ancien directeur général de la Police nationale évoque une piste non connue du grand public et dénonce des entraves dans les investigations.
Appelé à témoigner à la demande de la défense, l’ancien directeur général de la Police nationale, Louis Philippe Houndégnon, a livré un témoignage qui pourrait redéfinir certains aspects des investigations. En effet, à la barre, l’ancien patron de la Police a expliqué avoir été saisi, à l’époque des faits, par un informateur nommé Aguia Bernardin. Selon ce dernier, Akon Isidore serait l’auteur du meurtre présumé de Pierre Urbain Dangnivo. Une affirmation qui contraste avec les éléments ayant jusque-là dominé les débats judiciaires. Louis Philippe Houndégnon a, dans la même veine, indiqué que son informateur s’était déjà illustré par le passé dans la résolution d’une affaire criminelle qui remonte à 2005, qui avait impliqué, selon lui, le même suspect. Fort de cette crédibilité, des investigations auraient été engagées et orientées vers un autre individu, Guidime Célestin, avant d’être interrompues.
Le témoin a précisé avoir porté ces informations à la connaissance de sa hiérarchie, tout en reconnaissant qu’elles n’avaient pas été transmises à l’Office central chargé des enquêtes judiciaires. Interrogé sur les circonstances exactes de la disparition de Pierre Urbain Dangnivo, l’ancien DGPN a expliqué que son informateur ne communiquait généralement les détails d’une affaire qu’après l’interpellation du présumé auteur. Il a toutefois affirmé que, selon les informations recueillies, le drame serait survenu parce que la victime aurait tenté de résister.
« La politique a pris le dessus sur la vérité »
L’un des moments forts de son audition est intervenu lorsque Louis Philippe Houndégnon a évoqué les difficultés rencontrées dans la conduite des investigations. Il a estimé que certaines interventions avaient empêché l’exploitation complète de cette piste. « Dans ce dossier, la politique a pris le dessus sur la vérité », a-t-il déclaré devant la Cour, sans toutefois désigner les personnes ou les institutions qu’il visait. L’ancien responsable de la Police a également indiqué que deux collaborateurs ayant travaillé avec lui sur cette enquête sont aujourd’hui décédés. Il a toutefois affirmé qu’une troisième personne, toujours vivante, pourrait apporter des éléments déterminants si elle acceptait de coopérer avec la justice. Il a sollicité l’autorisation de communiquer son identité à huis clos. À la suite de cette audition, Alofa a comparu devant le tribunal. Il a déclaré avoir connu Akon Isidore lors d’une précédente incarcération, où ce dernier exerçait les fonctions de « cabiniste ». Il a ajouté l’avoir revu plus tard à Womey en compagnie d’un individu identifié sous le nom de Polo, avant son interpellation. De son côté, Amoussou Donation a indiqué n’avoir entendu parler d’Akon Isidore qu’au cours de l’instruction judiciaire de cette affaire.
