Kemi Seba : des soupçons de financement russe surgissent, l’audience renvoyée

Kemi Seba : des soupçons de financement russe surgissent, l’audience renvoyée

Le dossier judiciaire de Kemi Seba en Afrique du Sud continue de se complexifier. Réunie ce mardi 11 août 2026, la justice sud-africaine a décidé de renvoyer au 23 septembre prochain l’examen de la demande d’extradition formulée par le Bénin. Au même moment, de nouveaux éléments versés au dossier par les procureurs évoquent un présumé financement russe d’une tentative de fuite clandestine de l’activiste hors du territoire sud-africain.

L’audience consacrée à la demande d’extradition de Kemi Seba, de son vrai nom Stellio Gilles Robert Capo Chichi, n’a finalement pas permis d’avancer sur le fond de l’affaire. Déjà reportée à deux reprises, elle a de nouveau été renvoyée par la justice de Pretoria au 23 septembre 2026. Les autorités béninoises sollicitent le transfert de l’activiste afin qu’il réponde des accusations liées à des appels présumés à la rébellion diffusés sur les réseaux sociaux dans le contexte des événements de décembre 2025. En parallèle, la demande d’asile politique introduite par Kemi Seba en Afrique du Sud demeure en cours d’examen.

Alors que la procédure suit son cours, de nouveaux documents judiciaires consultés par Bloomberg viennent alourdir le dossier. Les procureurs sud-africains affirment que des fonds en provenance de Russie auraient servi à financer une tentative de sortie illégale du territoire sud-africain.

Selon ces documents, Kemi Seba, son fils et François van der Merwe, dirigeant du mouvement identitaire afrikaner Bittereinders, auraient tenté de rejoindre clandestinement le Zimbabwe en traversant le fleuve Limpopo le 14 avril dernier. L’opération aurait toutefois été déjouée par les forces de l’ordre sud-africaines, dont certains agents se seraient fait passer pour des membres d’une société de sécurité privée chargée d’organiser la traversée. Les trois hommes avaient finalement été interpellés.

D’après une source policière citée par l’AFP, une somme de 250 000 rands (environ 13 500 dollars) aurait été remise à François van der Merwe pour préparer cette opération. Les procureurs soutiennent que cet argent proviendrait de Russie. À ce stade, cette allégation n’a cependant pas été définitivement établie et devra être examinée dans le cadre de la procédure judiciaire.

Les enquêteurs s’intéressent également aux liens distincts qu’entretiendraient les deux principaux protagonistes avec la Russie. François van der Merwe s’était notamment rendu à Moscou en septembre 2024 pour rencontrer une organisation proche de l’oligarque russe Konstantin Malofeev, visé par des sanctions occidentales. De son côté, Kemi Seba avait été entendu en France en octobre 2024 dans une enquête portant sur des soupçons d’intelligence avec une puissance étrangère, avant d’être remis en liberté sans poursuite.

Ces nouvelles accusations interviennent après des révélations publiées par Jeune Afrique, Arte et Die Welt, selon lesquelles le groupe paramilitaire russe Wagner aurait financé l’ONG Urgences panafricanistes, associée à Kemi Seba, à hauteur de 440 000 dollars entre 2018 et 2019. La justice sud-africaine devra non seulement se prononcer sur la demande d’extradition vers le Bénin, mais aussi apprécier la portée des nouveaux éléments avancés par les procureurs concernant le présumé financement russe de la tentative de fuite de l’activiste.

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La Rédaction

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