Liberia : l’ancienne vice-présidente Jewel Howard Taylor inculpée pour trafic de cocaïne
L’ancienne vice-présidente du Liberia, Jewel Howard Taylor, est désormais au cœur d’une vaste enquête sur un présumé réseau international de trafic de stupéfiants. Arrêtée alors qu’elle s’apprêtait à quitter le pays, l’ex-numéro deux de l’État libérien a été officiellement inculpée par la justice, dans un contexte de durcissement de la lutte antidrogue après des saisies record de cocaïne.
La justice libérienne poursuit son offensive contre les réseaux de trafic de stupéfiants. L’ancienne vice-présidente du pays, Jewel Howard Taylor, a été inculpée mercredi dans le cadre d’une enquête portant sur un présumé « réseau international de trafic de stupéfiants » opérant au Liberia et au-delà de ses frontières, a annoncé le gouvernement.
Selon un communiqué du ministère libérien de la Justice, trois autres personnes sont également visées dans cette affaire. Il s’agit de deux ressortissants croates et d’un ressortissant ukrainien, tous actuellement recherchés par les autorités.
Jewel Howard Taylor, âgée de 63 ans, a été arrêtée à l’aéroport international Roberts, près de Monrovia, alors qu’elle s’apprêtait à quitter le territoire libérien. Elle a ensuite été conduite au quartier général de la police dans la capitale avant son inculpation officielle.
Les autorités l’accusent notamment d’implication présumée dans l’« importation et la vente » illicites de drogues. Cette procédure judiciaire constitue un nouveau rebondissement dans une affaire qui prend une dimension particulièrement sensible, compte tenu du parcours politique de l’ancienne vice-présidente.
Figure connue de la scène politique libérienne, Jewel Howard Taylor a été vice-présidente de la République entre 2018 et 2024, sous la présidence de George Weah. Avant son accession à cette fonction, elle avait siégé au Sénat de 2006 à 2018. Elle est également l’ancienne épouse de Charles Taylor, ancien chef de guerre devenu président du Liberia entre 1997 et 2003.
Cette inculpation intervient dans un contexte de mobilisation accrue des autorités libériennes contre le trafic de drogue. Le gouvernement du président Joseph Nyuma Boakai a fait de cette lutte l’une de ses priorités, à la suite de plusieurs opérations ayant permis la découverte d’importantes quantités de cocaïne dans le pays.
La plus spectaculaire de ces opérations a conduit à la saisie de près de quatre tonnes de cocaïne, présentée comme la plus importante jamais réalisée au Liberia. La valeur de la drogue a été estimée à plus de 317 millions de dollars, soit environ 276 millions d’euros. La cargaison avait été découverte lors d’une opération menée sur une route reliant notamment la zone de l’aéroport international Roberts, situé à une trentaine de kilomètres de Monrovia.
Quelques semaines plus tôt, le 7 juin, les autorités avaient déjà annoncé la saisie de 237,6 kilogrammes de cocaïne, d’une valeur estimée à environ 19 millions de dollars. La drogue était dissimulée au milieu d’une cargaison commerciale censée être destinée à l’exportation depuis l’aéroport Roberts.
Face à l’ampleur de ces affaires, le président Boakai a renforcé le dispositif gouvernemental de lutte contre les stupéfiants. Le 10 août, un nouveau directeur a été désigné à la tête de l’Agence libérienne de lutte contre la drogue. Bien que sa nomination doive encore recevoir l’approbation du Sénat, le nouveau responsable a immédiatement pris ses fonctions.
Fin juillet déjà, le chef de l’État avait limogé une douzaine de responsables gouvernementaux et ordonné l’ouverture d’enquêtes visant certains d’entre eux, dans la foulée des importantes saisies de drogue enregistrées dans le pays.
L’inculpation de Jewel Howard Taylor marque ainsi une nouvelle étape dans la vaste campagne engagée par les autorités libériennes contre les réseaux présumés de trafic de stupéfiants. Pour l’heure, l’enquête se poursuit afin d’établir les responsabilités des différents suspects et de déterminer l’ampleur réelle de ce réseau aux ramifications internationales.
