Bénin: Joseph Djogbénou engage les députés dans la réforme du Code de la route

Bénin: Joseph Djogbénou engage les députés dans la réforme du Code de la route

Bénin: Joseph Djogbénou engage les députés dans la réforme du Code de la route

Réunis à Grand-Popo le 20 octobre 2026, députés, membres du gouvernement et experts de la sécurité routière ont examiné le projet de loi portant nouveau Code de la route. L’objectif est d’adapter la législation aux réalités actuelles de la circulation et de renforcer la protection des usagers.

Le Bénin veut tourner la page d’une législation routière datant de l’époque coloniale. Face aux conséquences des accidents de la circulation et à l’évolution du trafic, l’Assemblée nationale engage la réflexion autour d’un nouveau Code de la route. À l’initiative de son président, le professeur Joseph Fifamin Djogbénou, un séminaire d’appropriation du projet de loi s’est tenu le mardi 20 octobre 2026 au Millenium Popo Beach Hôtel de Grand-Popo.

La rencontre a réuni des députés, des membres du gouvernement ainsi que des cadres techniques du Centre national de sécurité routière (CNSR) et de l’Assemblée nationale. Elle vise à permettre aux parlementaires de maîtriser les principales dispositions du texte avant son examen en commission et son éventuel vote en séance plénière.

L’enjeu est de taille. Selon les données évoquées dans le cadre des travaux, les accidents de la circulation coûtent chaque année près de 3 200 vies au Bénin. Un bilan qui souligne l’urgence de renforcer les mesures de prévention et de répression des comportements dangereux sur les routes.

Une législation à adapter aux réalités actuelles

Le cadre juridique en vigueur repose notamment sur l’arrêté général n° 61-38 du 24 juillet 1956. Ce texte, hérité de la période coloniale, ne correspond plus pleinement aux réalités d’un pays confronté à l’intensification du trafic et à la modernisation de ses infrastructures routières.

Pour l’honorable Orden Alladatin, président de la Commission des Lois, la révision de cette législation répond à une exigence de protection des citoyens et à une responsabilité de l’État. Il s’agit de doter le Bénin d’un dispositif juridique adapté à ses besoins, tout en tenant compte de ses engagements internationaux.

Cette réforme s’inscrit notamment dans le cadre de la deuxième Décennie d’action des Nations Unies pour la sécurité routière, couvrant la période 2021-2030. Celle-ci vise à réduire de moitié le nombre de décès et de blessés graves liés aux accidents de la route.

Présentant les grandes lignes du projet, le ministre du Cadre de vie et des Transports, chargé du Développement durable, Georges Alé, a exposé plusieurs mesures destinées à mieux encadrer les comportements des usagers.

Le texte prévoit notamment la fixation d’un seuil légal d’alcoolémie au volant. Il propose également de qualifier de délits la conduite sous l’emprise de stupéfiants et les grands excès de vitesse. Le port du casque pour les motocyclistes, de la ceinture de sécurité et l’utilisation de dispositifs de retenue adaptés aux enfants figurent aussi parmi les mesures annoncées.

Au-delà des sanctions, le projet entend miser sur la prévention. L’éducation routière devrait ainsi être intégrée dès le milieu scolaire afin de sensibiliser les plus jeunes aux règles de circulation et aux comportements responsables.

Le dispositif prévoit par ailleurs un durcissement des peines en cas de délit de fuite ou de refus d’obtempérer. Selon les éléments présentés aux participants, des textes d’application sont déjà préparés afin de faciliter la mise en œuvre de la réforme après sa promulgation.

Préparer les députés à l’examen du texte

Les échanges ont également porté sur les mécanismes de contrôle, les comportements à risque et le barème des sanctions envisagées. Les contributions du directeur général du CNSR, Ariel Sacramento, et du chef du service de régulation des comportements, Koovi Yêtin, ont notamment permis d’éclairer les parlementaires sur les enjeux techniques de la sécurité routière.

Cette phase d’appropriation doit permettre aux élus d’aborder l’examen du projet avec une meilleure compréhension de ses dispositions et de leurs implications pour les usagers, les forces de contrôle et les institutions concernées.

À l’ouverture des travaux, le président de l’Assemblée nationale, Joseph Fifamin Djogbénou, a inscrit cette initiative dans la dynamique de « décolonisation législative » engagée depuis la 7e législature. Il a salué l’implication du gouvernement et des députés de la 10e législature dans cette démarche de modernisation du droit.

Pour le président du Parlement, les investissements réalisés dans les infrastructures doivent s’accompagner de règles adaptées aux nouvelles réalités de la circulation. La réforme du Code de la route apparaît ainsi comme un levier juridique destiné à mieux protéger les citoyens et à préserver les vies humaines.

À l’issue de ce séminaire, le projet doit poursuivre son parcours parlementaire. Son examen en commission, puis son éventuelle adoption en séance plénière, constitueront les prochaines étapes avant sa promulgation et sa mise en application.

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La Rédaction

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