Bénin : ce qu’il faut retenir des 4 prérogatives du Sénat présentées par Patrice Talon à l’ouverture de sa 1ère session
Le Sénat a effectué sa rentrée solennelle au Dôme du Sofitel de Cotonou ce mercredi 28 octobre 2026. Une cérémonie qui intervient près de trois mois après la prise de fonction des 25 sénateurs, installés le 30 juillet dernier.
D’entrée, Patrice Talon, élu président de cette nouvelle institution le 6 août avec 24 voix pour et une abstention, a tenu à cadrer le rôle de la chambre créée par la révision constitutionnelle du 14 novembre 2025, qui consacre le bicamérisme au Bénin. « Le Sénat est une institution d’apaisement de la scène politique. Rien de plus », a-t-il martelé. Selon lui, l’action du Sénat s’articule autour de quatre axes. Le premier est une mission de veille. La chambre haute doit s’assurer que les textes, y compris constitutionnels, ne portent pas atteinte aux libertés fondamentales, à la démocratie, à la cohésion sociale et à la stabilité du pays. Le second concerne le contrôle a priori de certaines lois votées par l’Assemblée nationale. En vertu de l’article 113-2 de la Constitution révisée, les lois constitutionnelles, les lois électorales et celles relatives à la vie des partis politiques ne peuvent être promulguées sans l’avis de non-objection du Sénat. Le troisième est un rôle d’arbitrage. En cas de désaccord persistant entre le Président de la République et l’Assemblée nationale sur le contenu d’une loi, après une seconde délibération, le chef de l’Etat peut saisir le Sénat pour trancher et adopter le texte définitif. Enfin, le quatrième levier est le droit de demander une seconde lecture. Comme le Président de la République, le Sénat peut solliciter l’Assemblée nationale pour un nouvel examen d’une loi déjà adoptée. Cette possibilité ne s’applique pas aux lois de finances, de règlement et aux lois-programmes.
Cette première session ordinaire doit durer 21 jours. Elle permettra aux sénateurs d’examiner les dossiers en instance restés d’actualité, avec la possibilité de compléter l’ordre du jour en cours de session, conformément au règlement intérieur. Elle intervient une semaine après la rentrée parlementaire de l’Assemblée nationale.
Par Bérenger HOUNHOUEGNON
