Coiffure masculine : quand le passage chez le coiffeur devient une parenthèse de détente
C’est une scène qu’on voit souvent. Un homme entre dans le salon de coiffure après sa journée. Il s’assoit, il échange deux ou trois mots avec le coiffeur. Puis, petit à petit, le silence s’installe. Ses paupières deviennent lourdes. Sa tête penche légèrement. Il s’endort, tout simplement, pendant que la coupe continue. Sur le moment, ça fait sourire. Mais quand on y pense, ce n’est pas si étonnant.
Chez le coiffeur, tout invite à relâcher la pression. Le fauteuil est confortable, on n’a rien à faire, on n’a aucune décision à prendre. Il suffit de s’asseoir et de laisser quelqu’un d’autre s’occuper de vous. Le bruit régulier de la tondeuse, les gestes précis et répétés apaisent. Certains chercheurs expliquent même ce bien-être par l’ASMR, cette sensation de détente provoquée par des sons doux et des gestes attentionnés. Mais au-delà de la science, c’est surtout une parenthèse. Le salon de coiffure a toujours été plus qu’un endroit où l’on se coupe les cheveux. C’est un lieu où l’on discute, où l’on rit, où l’on débat de tout. De foot, de politique, de la vie du quartier. C’est bruyant, vivant, convivial. Et c’est justement au milieu de tout ce bruit que certains clients trouvent le moyen de se reposer. Ce n’est pas qu’ils s’ennuient, c’est qu’ils sont fatigués. Entre le travail, les soucis d’argent, la famille, les journées sont longues. On a rarement l’occasion de s’arrêter vraiment. Alors ces quelques minutes chez le coiffeur deviennent précieuses. Personne ne vous appelle. Personne n’attend quelque chose de vous. Vous êtes juste là, assis. Tous les clients ne dorment pas, bien sûr. Certains parlent sans s’arrêter, d’autres restent les yeux rivés sur leur téléphone ou sur le miroir. Chacun vit le moment à sa façon. Mais ceux qui s’endorment nous rappellent quelque chose de simple : on a tous besoin de souffler. Et parfois, le repos ne vient pas quand on l’a prévu, ni où on l’a prévu. Il vient tout seul, dans un fauteuil de coiffeur, entre les coups de tondeuse.
Par Bérenger HOUNHOUEGNON
