PNMP : Le nouveau rempart médiatique pour la paix installé à Lokossa
Un nouveau chapitre de l’histoire médiatique du Bénin s’est écrit ce samedi 7 mars 2026 au Centre Henri Vignondé de Lokossa. Dans une atmosphère empreinte de solennité et d’espoir, la Plateforme Nationale des Médias pour la Paix (PNMP) a officiellement lancé ses activités. Sous l’impulsion de son président exécutif, Aristide Fassinou Hounkpèvi, ce creuset d’un genre nouveau se donne pour mission de transformer l’écosystème informationnel en un véritable sanctuaire de cohésion sociale et de dialogue patriotique.
Réunissant plusieurs membres fondateurs, journalistes, influenceurs, lanceurs d’alerte et autorités politico-administratives, cette cérémonie a été rythmée par des plaidoyers poignants sur la responsabilité sociale de ceux qui manient la parole et l’image. À l’entame, le président du comité d’organisation, Edouard Aïkoun a ouvert le bal en rappelant que la création de cette plateforme répond à une conviction essentielle « l’information, lorsqu’elle est responsable et constructive, constitue un puissant levier de stabilité, de dialogue et de développement ». Il a exhorté les acteurs de l’écosystème à se retrouver dans ce cadre de concertation pour répondre à l’influence croissante des médias numériques.
Un mot de bienvenue qui a laissé place à l’un des moments les plus importants de la cérémonie. En effet, dans sa communication intitulée « Vulgariser les politiques publiques et les réformes institutionnelles pour une meilleure compréhension citoyenne et un débat public apaisé », le Dr Noé Kpatagnon Dotou a d’abord dressé un constat sans concession sur la fragilité économique de la presse. En affirmant que « l’économie des médias est enrhumée » et que les salaires ont disparu des rédactions, l’Expert en sciences de l’information a interrogé la crédibilité du journaliste comme acteur de paix dans un contexte de précarité. Si pour lui, la mission de pédagogie des réformes publiques et la lutte contre la désinformation ne peuvent être pleinement assurées que si les conditions de vie minimales des communicateurs sont garanties, il il a cependant invité les professionnels des médias à se faire former, à se formaliser et à équilibrer les informations afin de jouer pleinement leur rôle que leur assigne désormais la PNMP, celui de favoriser une meilleure appropriation citoyenne des politiques publiques et de prévenir les tensions liées à la désinformation.
Dans son discours de lancement, le président de la PNMP, Aristide Fassinou Hounkpèvi, a souligné l’urgence de cette mission à l’ère de l’instantanéité « une publication peut traverser un pays en quelques secondes… un message peut apaiser ou enflammer ». Il a défini la plateforme comme un outil pour « filtrer les énergies afin de promouvoir un climat social apaisé » et faire en sorte que chaque voix rejoigne une responsabilité collective au service de la nation.
Dans la même veine, le Père Joël Bonou, représentant l’Évêque de Lokossa, a apporté une caution morale forte à l’événement. Pour lui, la fonction de journaliste est avant tout « une option, un sacerdoce ». Il a invité les professionnels à « semer ces graines de la paix partout ». Apportant leur soutien institutionnel à l’initiative, Geoffroy Akossou et Job Montcho ont tour à tour souligné le rôle déterminant des acteurs de l’information dans l’équilibre de la nation. Pour Geoffroy Akossou, conseiller au Conseil Économique et Social, les médias détiennent un pouvoir immense, capable de détruire le pays ou, au contraire, de générer de la joie et de la paix selon l’orientation qu’ils choisissent de donner à leur plume. De son côté, Job Odilon Montcho, Directeur départemental des sports du Mono, a tenu à galvaniser les membres de la plateforme face aux résistances futures, les rassurant sur le fait que, dans le nouveau cadre de gouvernance au Bénin, tout effort de qualité finit par être valorisé. Il a conclu en réitérant son engagement à soutenir leur cause et à porter leur voix, à la condition sine qua non qu’ils demeurent fidèles à leurs nobles objectifs de promotion de la paix.
La cérémonie qui a aussi connu la présence de l’ancien vice-président du CES Radji Laïssi, s’est achevée par la présentation des membres du bureau exécutif national et la signature de l’acte constitutif, des gestes forts qui transforment les discours en engagement solennel. La PNMP est désormais en ordre de bataille pour faire de l’information un rempart contre les divisions et un moteur de progrès pour la République.


