Regards croisés : l’euphorie à l’épreuve des réalités
Depuis la proclamation des résultats de la présidentielle du 12 avril 2026, la victoire du consensus politique suscite reconnaissances et célébrations.
Mouvanciers et anciens opposants radicaux naviguent désormais dans le même sillage, derrière Romuald Wadagni, élu président de la République pour un mandat de sept ans. La traversée s’annonce toutefois exigeante, confrontée aux réalités de l’exercice du pouvoir. Succéder à Patrice Talon, au regard de l’ampleur des chantiers de développement engagés entre 2016 et 2026, exclut en effet toute approximation. Faire mieux ou, à tout le moins, maintenir le cap : tel sera le critère d’évaluation de Romuald Wadagni à l’issue de ce premier septennat.
Fort de dix années passées au gouvernement en qualité de ministre de l’Économie et des Finances, le nouveau chef de l’État dispose de l’expérience et de la résilience requises pour la fonction. Demeure cependant une équation complexe. Comment satisfaire les attentes des soutiens qui, après une longue traversée du désert politique, espèrent naturellement un retour d’ascenseur après un ralliement express et désespéré ?
L’histoire récente invite à la prudence. Les premières difficultés de l’homme de la rupture en 2016 ont précisément trouvé leur origine dans la gestion des ralliements massifs enregistrés entre les deux tours de la présidentielle. Romuald Wadagni disposera-t-il de la latitude nécessaire pour s’inscrire dans la continuité tracée par son prédécesseur ?
Pour aller plus loin, ensemble, seules les compétences avérées et éprouvées devront primer. Dans cette hypothèse, l’éviction de soutiens opportunistes dénués d’expertise semble inévitable. Place alors aux frustrations.
Par Ignace NATONNAGNON
