Regards croisés : Omar Artan, une légitimité continentale sacrifiée

Regards croisés : Omar Artan, une légitimité continentale sacrifiée

Le meilleur sifflet africain 2025, retenu par la FIFA pour le compte du Mondial 2026, sera absent. Omar Abdulkadir Artan, 41 ans, de nationalité somalienne, s’est vu refuser l’entrée sur le sol américain. Pas de visa, pas de compétition. Des années de dur labeur sacrifiées sur l’autel des querelles politiques.

Le poids de l’Histoire

Pour comprendre la situation déplorable du jeune arbitre somalien, il faut remonter le temps. En effet, le passeport somalien traîne un contentieux vieux de 30 ans avec les USA. Depuis l’effondrement de Mogadiscio en 1991, la fermeture de l’ambassade américaine jusqu’en 2018, les frappes de drones contre Al-Shabaab, jusqu’aux « travel bans » qui ciblent encore les détenteurs de ce passeport. Omar Abdulkadir Artan, le pauvre, paie l’addition. Lui, l’arbitre. Lui, l’homme du fair-play. Lui, décoré par la CAF. Mais aux yeux du contrôle migratoire au pays de l’Oncle Sam, il n’est qu’un « Somalien ». Son sifflet d’or ne pèse rien face à la méfiance d’un État.

Silences assourdissants

Des instances faîtières aux fédérations affiliées, zéro réaction. Omar Abdulkadir Artan, doublement poignardé. Triste ! Des années de travail à la quête de l’excellence et de la perfection à travers les pelouses africaines, réduites à néant. Il était pourtant si proche du but. Il aurait été le premier Somalien à officier lors d’une rencontre de Coupe du monde. Son rêve vient d’être brisé brutalement. Participer à cet événement planétaire, le rendez-vous de la crème des crèmes, quoi de plus noble dans le football ! Malheureusement, pour Omar Abdulkadir Artan qui méritait d’y être, il devra, malgré lui, suivre la grande messe du football sur les écrans.

Un arbitre européen aurait-il dormi à l’aéroport ? La question est posée. La réponse, on la connaît. Cependant, le football est censé abolir les frontières. La FIFA rêve de « One World, One Game ». Mais quand le meilleur arbitre d’Afrique est traité comme indésirable, le rêve se fissure.

Omar Abdulkadir Artan dans les cœurs


Par Ignace NATONNAGNON

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