FSM 2026 – Jour 2: les experts plaident pour des réponses collectives face aux crises mondiales
Les réflexions se poursuivent au Forum social mondial (FSM) 2026. Au deuxième jour de cette 17ᵉ édition, une série d’activités a été menée au campus de l’Université d’Abomey-Calavi. Parmi les temps forts de cette journée du vendredi 7 août 2026, figure un panel organisé à l’amphithéâtre Idriss Déby Itno autour du thème : « Face aux crises globales, quelles constructions collectives possibles ? ».
Devant un public nombreux composé d’acteurs de la société civile, de militants, de chercheurs et de représentants d’organisations internationales, les intervenants ont livré leurs analyses sur les multiples crises qui secouent la planète. Tous ont insisté sur la nécessité de renforcer les solidarités entre les peuples et de construire des réponses collectives capables de faire face aux défis économiques, sociaux, environnementaux et géopolitiques. Porte-parole de la Convergence globale des luttes pour la terre et l’eau en Afrique de l’Ouest, Massa Koné a dénoncé les mécanismes qui, selon lui, entretiennent les divisions entre les peuples au détriment de leur dignité. Sur les crises successives qui ont marqué ces dernières décennies, il a estimé qu’aucune solution durable ne pourra être trouvée sans une lecture globale des causes profondes de ces bouleversements. A l’en croire, les transformations sociales passent nécessairement par le renforcement des convergences entre les mouvements citoyens partageant une vision commune.
« Le local est le point de départ »
Intervenant au nom du CRID et du Secrétariat du Conseil, Fabien Coen a défendu le rôle essentiel du Forum dans le contexte international actuel. Selon lui, les crises sociales et environnementales sont intimement liées aux dérives du système capitaliste mondial. Il a estimé que celui-ci poursuit une logique d’expansion qui dépasse désormais la simple exploitation des ressources naturelles pour toucher directement les peuples. Face à cette réalité, Fabien Coen a plaidé pour une solidarité internationale renforcée tout en rappelant que les solutions durables doivent également partir des territoires. « Le seul moyen de s’en sortir est le local », a-t-il affirmé.
Pour Gilberto Leal, représentant de la Coordination des organisations noires du Brésil, le Forum social mondial conserve toute sa raison d’être. Selon lui, cette plateforme internationale a été créée pour combattre les différentes formes d’oppression et offrir un espace où les mouvements sociaux peuvent unir leurs forces afin de défendre la justice, l’égalité et les droits des peuples.
Un appel à plus de justice sociale
Membre du Conseil d’administration d’ATTAC France et du Conseil international du Forum social mondial, Patricia Pol a appelé le Forum à soutenir davantage les mouvements engagés dans des alternatives au système économique actuel. En évoquant les tensions internationales, notamment en Palestine, qu’elle qualifie de particulièrement préoccupantes, elle a insisté sur la nécessité de renforcer les combats contre les inégalités. Elle a également rappelé l’engagement du mouvement paysan en faveur d’une alimentation saine, accessible à tous, tout en réaffirmant que l’égalité entre les êtres humains doit demeurer au cœur des actions portées par le Forum.
Par Joseph-Martin HOUNKPE

