Tribunal d’Abomey-Calavi : un faux recrutement au Canada coûte plus de 30 millions FCFA aux victimes
Tribunal d’Abomey-Calavi : un faux recrutement au Canada coûte plus de 30 millions FCFA aux victimes
Plus de 60 personnes seraient impliquées dans cette affaire d’escroquerie présumée, dans laquelle 64 passeports ont été évoqués à l’audience. Le principal accusé, interpellé après plusieurs années de cavale, devra de nouveau comparaître le 1er décembre 2026.
Une promesse d’emploi au Canada, des espoirs de départ à l’étranger et, au bout du compte, des millions de francs CFA envolés. Le tribunal d’Abomey-Calavi a examiné, ce mercredi 28 octobre 2026, une affaire présumée d’escroquerie liée à un projet de recrutement au Canada. Plus d’une soixantaine de personnes seraient concernées par ce dossier, portant sur un montant supérieur à 30 millions de francs CFA et impliquant 64 passeports.
À l’audience, le représentant des victimes a exposé le mécanisme qui aurait permis à l’accusé de convaincre ses interlocuteurs. Selon son témoignage, l’homme leur avait présenté une possibilité de recrutement au Canada, en affirmant notamment que le projet était conduit par le Premier ministre canadien. Il se serait également présenté comme un policier en service au Canada, disposant, de ce fait, d’une capacité d’influence sur certaines décisions de l’État.
Ces déclarations auraient progressivement gagné la confiance de nombreuses personnes. L’information circulait essentiellement de bouche-à-oreille, relayée par des messages entre proches et connaissances. Séduites par la perspective d’un emploi à l’étranger, certaines victimes seraient même allées jusqu’à démissionner de leur travail pour préparer ce départ.
Mais l’espoir d’une nouvelle vie aurait finalement laissé place à la désillusion. D’après le représentant des victimes, l’accusé aurait collecté plus de 30 millions de francs CFA avant de disparaître, laissant les candidats sans l’aboutissement promis.
Face aux juges, le prévenu a reconnu avoir été en contact avec des interlocuteurs au Canada dans le cadre de cette opération de recrutement. Il a expliqué avoir transmis les passeports des candidats au pays d’accueil en vue de l’obtention de visas. Selon sa version, les documents auraient ensuite été bloqués au niveau du haut-commissariat.
Cette explication n’a toutefois pas suffi à convaincre la cour. Invité à produire des éléments susceptibles d’étayer ses déclarations, l’accusé n’a pas été en mesure de présenter les preuves demandées au cours de l’audience.
En fuite depuis 2024, l’homme a finalement été interpellé à Sègbohouè. Son arrestation a ainsi permis de relancer cette affaire, qui touche de nombreuses personnes ayant misé sur une perspective d’emploi à l’étranger.
Le tribunal a renvoyé l’affaire au 1er décembre 2026, afin de poursuivre les débats et de permettre la comparution d’autres victimes. Cette prochaine audience devrait contribuer à éclaircir davantage les circonstances de cette opération présumée d’escroquerie et les responsabilités en cause.
