Afrique du Sud : plus de 900 personnes interpellées après une journée de tensions

Afrique du Sud : plus de 900 personnes interpellées après une journée de tensions

Le gouvernement sud-africain tente de reprendre la main après une vague de manifestations hostiles aux ressortissants étrangers, qui a donné lieu, mardi, à près de 300 rassemblements à travers le pays. Ces protestations ont provoqué plusieurs incidents qui ont contraignant les forces de sécurité à intervenir dans différents points sensibles.
Au lendemain de cette journée de tensions, la police sud-africaine a dressé un premier bilan des opérations de maintien de l’ordre. Le commandement s’est félicité de l’action de ses unités, estimant que leur déploiement a permis d’éviter une extension des violences à l’échelle nationale.

Selon la lieutenante-générale Tebello Mosikili, plus de 900 personnes ont été interpellées. La plupart des arrestations concernent des infractions à la législation sur l’immigration, tandis que d’autres portent sur des faits de vandalisme, de pillage et de violences commises sur la voie publique.
La responsable policière a toutefois relativisé la portée des incidents, les qualifiant d’actes criminels opportunistes qui, selon elle, n’ont pas remis en cause la stabilité du pays.
Selon nos confrères de Bénin News, plusieurs foyers de tension ont néanmoins été signalés. Dans le quartier de Hillbrow, à Johannesburg, l’armée est venue en renfort des forces de police après des débordements marqués par des échanges de tirs signalés en début d’après-midi. Deux enquêtes pour tentative de meurtre par arme à feu ont été ouvertes.

Dans le Township d’Alexandra, également situé à Johannesburg, une enquête pour meurtre a été ouverte après la mort par balle d’un jeune homme survenue dans la nuit de mardi à mercredi. Les faits se sont produits en marge du pillage de plusieurs commerces appartenant à des ressortissants étrangers.
À Durban, les autorités enquêtent sur le décès d’un ressortissant étranger, mort après une chute d’un immeuble. Selon les premiers éléments de l’enquête, la victime aurait tenté de fuir, craignant d’être prise pour cible par des manifestants.
Si les violences restent, à ce stade, d’une intensité inférieure aux émeutes xénophobes de 2008, qui avaient fait 62 morts, les autorités redoutent une dégradation durable du climat social. La mobilisation pourrait se poursuivre. Le collectif « March and March », à l’origine du mouvement de contestation, a annoncé son intention d’organiser des manifestations chaque jeudi. En réponse, les autorités ont renforcé leur dispositif de sécurité et maintiennent une surveillance accrue dans les secteurs jugés les plus exposés afin de prévenir de nouveaux débordements.


Par Rogatien ALLOTCHEME

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La Rédaction

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