Bénin/CRIET: un homme risque 24 mois de prison pour avoir filmé et diffusé des images intimes de sa voisine

Bénin/CRIET: un homme risque 24 mois de prison pour avoir filmé et diffusé des images intimes de sa voisine

Un dossier sensible a été examiné le mardi 3 mars 2026 devant la chambre correctionnelle de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET).

Un gardien de maison est poursuivi pour avoir filmé à l’insu de sa voisine de 21 ans alors qu’elle sortait de la douche, puis diffusé les images sur les réseaux sociaux. À la surprise générale, la victime a annoncé devant la cour qu’elle retire sa plainte contre le prévenu. À la barre, la jeune femme, une coiffeuse, a expliqué que sa décision est liée à l’état de santé du mis en cause. Elle a présenté un certificat médical qui atteste que le gardien souffrirait d’une déficience mentale. Selon ses déclarations, cette situation l’a amenée à renoncer à poursuivre personnellement l’affaire. Malgré ce désistement, le ministère public a décidé de maintenir les poursuites. Le parquet estime que les faits restent graves et relèvent de l’action publique. Il a alors requis une peine de 24 mois de prison contre le prévenu, dont 12 mois ferme. Le ministère public a également demandé une amende d’un million de francs CFA. Interrogé par la cour, le gardien a reconnu souffrir par moments de troubles assimilés à une forme de démence. Il a indiqué qu’il suit un traitement au centre psychiatrique de Jacquot à Cotonou. A l’en croire il s’y rend régulièrement pour recevoir des soins et prendre ses médicaments.

Retour sur les faits

Le gardien aurait escaladé le mur qui sépare les deux habitations afin de filmer la jeune femme à sa sortie de douche. La victime, qui soupçonnait une présence, avait alerté son frère. Ce dernier avait interpellé le gardien. Le mis en cause avait alors affirmé qu’il nettoyait simplement le mur. Quelques mois plus tard, la jeune femme découvre que des images d’elle, presque nue, circulent dans certains groupes WhatsApp et auprès de plusieurs de ses connaissances. Elle établit alors un lien avec l’incident survenu avec le gardien. Interpellé, le prévenu reconnaît les faits. Il affirme avoir publié les images par erreur sur son statut WhatsApp. Lors d’une précédente audience, il avait présenté ses excuses devant la cour. Au début de la procédure, la victime avait réclamé la somme de 20 millions de francs CFA pour réparer le préjudice subi. Son retrait comme partie civile modifie désormais la situation du dossier. Toutefois, cette décision n’empêche pas la poursuite de l’action engagée par le parquet.

La décision de la cour est attendue pour le 21 avril 2026.


Par Gabin TOVONON

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