Situation des exilés et prisonniers « politiques »: « Si j’étais à leur place, je serais déjà libéré», Yacoubou Malehossou
Invité d’un débat consacré au renforcement de la démocratie, de la paix et de la cohésion sociale, ce 17 juillet 2026 à Cot, le président de la Fondation Malehossou estime que le dialogue et les demandes de clémence constituent une voie plus efficace que le bras de fer politique.
À l’occasion de l’Acte III de Café Coulisses, une initiative de Bénin Médias et Coulisses Politiques organisée autour du thème « Renforcement de la démocratie, de la paix et de la cohésion sociale : quelle contribution de la société civile à l’accomplissement des missions du Sénat, du Médiateur de la République et du Conseil économique et social (CES) ? », Yacoubou Malehossou a abordé la question sensible des personnalités politiques actuellement détenues ou vivant en exil.
Interrogé sur leur situation, le président de la Fondation Malehossou a défendu une approche fondée sur l’humilité et le dialogue. Selon lui, une démarche de demande de pardon adressée aux plus hautes autorités de l’État aurait pu ouvrir la voie à un règlement plus favorable de leur situation.
Pour étayer son argumentation, il a rappelé que plusieurs personnalités politiques ainsi que des étudiants avaient, par le passé, bénéficié de la clémence présidentielle après avoir formulé des requêtes en ce sens. Il a notamment cité les cas d’Atao et d’Ogou, estimant que ces précédents démontrent que cette voie peut produire des résultats.
« Si j’étais à leur place, je serais déjà libéré. Chaque jour, j’écrirais au chef de l’État, au président de l’Assemblée nationale: « Pardon, ce qui est arrivé, c’est Dieu qui l’a voulu. Je ne recommencerai plus. Pardonnez-moi. Je veux retrouver ma famille. » C’est cela, l’humilité. Une délégation est même allée les rencontrer pour cette démarche, mais ils ont refusé en disant qu’ils sont des politiques. Les étudiants, Atao, Ogou, tous ont écrit pour demander la clémence du chef de l’État. Aujourd’hui, ils sont libres », a-t-il déclaré.
Tout en exprimant sa conviction personnelle, Yacoubou Malehossou a tenu à préciser que les personnes concernées demeurent entièrement libres de leurs choix et de leur stratégie politique. Ses propos se veulent avant tout une réflexion sur les voies possibles d’un apaisement, dans un contexte où la consolidation de la démocratie, de la paix et de la cohésion sociale figuraient au cœur des échanges de cette troisième édition de Café Coulisses.
Par Joseph-Martin HOUNKPE
