Berge lagunaire Hindé : un ghetto à ciel ouvert, à 1 km d’un commissariat de police
Plus de six ans après l’assainissement, la berge oscille entre abandon sécuritaire et drame social, à moins d’un kilomètre du commissariat du 7ᵉ arrondissement.
Elle devait redevenir un espace de vie après l’enlèvement des tas d’immondices. Malheureusement, elle est devenue un territoire à trois visages : zone de non-droit, repaire de délinquance et refuge de détresse. La berge lagunaire de Hindé, dans le 6ᵉ arrondissement de Cotonou, juste derrière le terrain, concentre tous les maux de la ville.
De l’insalubrité à l’insécurité
Il y a six ans, les autorités avaient nettoyé les lieux. Les tas d’immondices qui étouffaient la berge ont disparu. L’objectif environnemental était atteint. Mais le vide sécuritaire a vite été comblé.
Aujourd’hui, à hauteur de Hindé, des individus « sans foi ni loi » ont pris d’assaut l’espace public. Banditisme, stupéfiants, vols : tous les vices y prospèrent au grand jour. La consommation de substances psychotropes se fait à ciel ouvert, de jour comme de nuit, au vu et au su de tous.
Un commissariat à deux pas
Le paradoxe est saisissant : un commissariat se trouve à moins de 500 mètres de cette berge transformée en « no man’s land ». Les policiers y effectuent bien quelques patrouilles sporadiques. Mais elles relèvent davantage de la dissuasion que de l’interpellation.
Témoignage glaçant : même au passage des forces de l’ordre, les usagers ne s’interrompent pas. Ils continuent de fumer leur joint, défiant l’autorité publique en plein cœur de Cotonou.
Un repère d’enfants de rues
Au-delà de la délinquance adulte, la berge lagunaire de Hindé est également réputée pour être le lieu de refuge par excellence des enfants de rues. Des mineurs abandonnés ou ayant fugué le domicile de leurs parents y trouvent un abri de fortune.
Exposés aux mêmes vices, à la violence et à la précarité, ces enfants grandissent au bord de la lagune, loin de toute protection sociale ou éducative. La berge devient ainsi à la fois leur dortoir, leur terrain de survie et leur école de la rue.
L’urgence d’une réponse globale
La berge de Hindé pose une double question : celle de la sécurité publique et celle de la protection de l’enfance. Assainir un espace ne suffit pas si l’on ne sécurise pas sa vocation et si l’on n’accompagne pas les plus vulnérables.
Entre la salubrité retrouvée, l’insécurité tolérée et la détresse infantile, les populations riveraines attendent plus que des patrouilles de passage. Elles réclament une présence policière continue, le démantèlement des réseaux, mais aussi une intervention sociale urgente pour sortir ces enfants de la rue.
La rédaction
