Burkina Faso : Ibrahim Traoré ferme les frontières de la tomate pour sauver l’industrie locale

Burkina Faso : Ibrahim Traoré ferme les frontières de la tomate pour sauver l’industrie locale

Au Burkina Faso, la tomate ne quitte plus le territoire. Le gouvernement dirigé par Ibrahim Traoré a décidé de suspendre jusqu’à nouvel ordre l’exportation de la tomate fraîche. La mesure surprend par sa fermeté, mais elle répond à une priorité assumée : nourrir les usines locales et réduire la dépendance aux importations.

Le communiqué officiel est clair. Les autorisations spéciales d’exportation sont suspendues. Les opérateurs doivent annuler celles qui restent en cours. L’État veut reprendre le contrôle d’un produit stratégique. Derrière cette décision, il y a une volonté politique forte. Le pays produit en abondance, mais transforme encore trop peu. Chaque année, plus de 300 000 tonnes de tomates sont récoltées. Une grande partie prend la route des pays voisins, notamment le Ghana. Dans le même temps, le Burkina Faso importe de la purée de tomate pour plusieurs millions de dollars. Ce paradoxe fragilise l’économie locale. Il prive le pays de valeur ajoutée et d’emplois industriels. Le pouvoir veut inverser cette logique. Désormais, la priorité est donnée à la transformation sur place. Des unités industrielles ont vu le jour, comme celle de Bobo-Dioulasso, capable de traiter plusieurs tonnes de tomates chaque heure. L’objectif est simple. Produire localement ce que le pays consomme. Réduire les importations. Créer des emplois durables.

Cette décision ne va pas sans inquiétudes. Les exportateurs redoutent une perte de revenus. Certains producteurs craignent des difficultés d’écoulement. Le gouvernement tente de rassurer. Il promet que toute la production trouvera preneur sur le marché local. Il met aussi en garde contre toute tentative de contournement.

Au-delà de la tomate, c’est une vision économique qui se dessine. Le Burkina Faso cherche à bâtir une industrie nationale solide. Le pays mise sur ses ressources agricoles pour accélérer son industrialisation.


Par Gabin TOVONON

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Redaction La

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