Éducation: un centre d’appel lancé pour freiner l’abandon scolaire dans l’Atlantique
Éducation: un centre d’appel mis en place pour freiner l’abandon scolaire dans l’Atlantique
Plus de 8 500 apprenants ont abandonné les classes dans le département en 2025. Pour inverser cette tendance, la Direction départementale de l’enseignement secondaire mise sur un dispositif de suivi téléphonique des élèves absents, avec l’appui d’Amnesty International. En parallèle, un concours de salubrité entend améliorer les conditions d’apprentissage dans les collèges.
La lutte contre l’abandon scolaire prend une nouvelle dimension dans le département de l’Atlantique. Face au nombre préoccupant d’élèves qui quittent les bancs de l’école avant la fin de l’année, la Direction départementale de l’enseignement secondaire expérimente une approche axée sur la prévention et le rapprochement avec les familles. Sous la conduite de son directeur, le Dr Mathias Ahomadegbé, elle a lancé la phase pilote d’un centre d’appel destiné à assurer un suivi personnalisé de l’assiduité des apprenants.
L’urgence est bien réelle. Selon le Dr Mathias Ahomadegbé, plus de 8 500 apprenants ont abandonné les classes dans le département de l’Atlantique en 2025. Un chiffre qui illustre l’ampleur du défi auquel sont confrontées les autorités éducatives. « La priorité absolue du Ministère et de notre direction, c’est le maintien des élèves à l’école », souligne-t-il.
Pour mieux comprendre les causes de ce phénomène et agir de manière ciblée, la Direction départementale a d’abord réalisé une cartographie de l’absentéisme sur une période de deux ans. Cette analyse a permis de répartir les élèves en quatre catégories, identifiées par un code couleur allant du vert, pour les plus assidus, au rouge, qui regroupe les apprenants présentant des absences répétées et injustifiées.
Dans un premier temps, les responsables des établissements ont privilégié les convocations des parents concernés. Mais cette démarche a rapidement montré ses limites. Sur 150 à 200 parents invités, seuls cinq à sept environ se présentaient aux rencontres. Une faible mobilisation qui a conduit les responsables à repenser leur stratégie : plutôt que d’attendre les familles dans les établissements, il fallait aller directement vers elles.
C’est dans cette logique qu’a été conçu le centre d’appel, avec le soutien financier d’Amnesty International, à la suite de la présentation du projet lors d’un atelier consacré à la lutte contre le décrochage scolaire. L’initiative bénéficie également de l’appui du ministère de tutelle.
Un suivi personnalisé pour ramener les élèves en classe
Le dispositif repose sur une chaîne de collecte et de traitement des informations relatives à la présence des apprenants. Dans chaque collège, les responsables de classe consignent les présences dans les cahiers de cours. À la fin de la journée, le surveillant général fait le point des absences non justifiées. Les données sont ensuite transmises mensuellement à la Direction départementale, qui identifie les situations nécessitant une intervention.
Un opérateur spécialement formé, installé au sein de la direction, prend alors contact avec les parents des élèves concernés. Ces échanges permettent souvent de révéler des situations que les familles ne soupçonnaient pas. Au-delà du simple signalement de l’absence, l’objectif est de comprendre les difficultés rencontrées par l’apprenant et de rechercher une réponse adaptée.
Lorsque les absences sont liées à des difficultés financières, notamment à l’incapacité de la famille à faire face aux frais de scolarité, le dossier est transmis au Service social scolaire pour examen. Si les circonstances le justifient, une procédure d’exonération des frais peut être engagée.
Le suivi ne s’arrête pas au premier appel. Un contrôle est effectué 24 heures après l’échange avec les parents afin de vérifier si l’élève a effectivement repris le chemin de l’école. Cette vérification permet de mesurer les effets de l’intervention avant de clôturer le dossier.
Pour le Dr Mathias Ahomadegbé, la perspective d’une information rapide des parents constitue également un moyen de responsabiliser les élèves et de limiter les absences injustifiées. Le centre d’appel entend ainsi agir à la fois sur la vigilance des familles, la réactivité des établissements et la prise en charge des difficultés susceptibles de compromettre la scolarité.
Au-delà de la lutte contre le décrochage, la Direction départementale s’attaque à une autre question essentielle : la qualité du cadre de vie dans les collèges. Lors de ses visites inopinées, le directeur a constaté des insuffisances préoccupantes en matière d’hygiène et d’entretien des infrastructures sanitaires.
Pour améliorer les conditions d’apprentissage, un concours de salubrité est annoncé sur une période de six mois. Il récompensera les établissements qui se distingueront par la propreté de leurs blocs sanitaires, l’entretien de leurs cours, les initiatives de reboisement et la gestion générale de leur environnement.
La Direction départementale entend agir sur des facteurs complémentaires de la réussite scolaire notamment la présence régulière en classe et la qualité de l’environnement éducatif. L’ambition est de prévenir les abandons, de renforcer l’implication des familles et d’offrir aux apprenants de l’Atlantique un cadre plus sain et plus favorable à leur épanouissement.
