CRIET : arrêté dans une buvette, il aurait servi de “relais” pour retirer l’argent des cybercriminels
La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a examiné ce jeudi 26 février 2026 une affaire liée à une escroquerie via internet. Un jeune homme est poursuivi. L’accusation estime qu’il aidait des cybercriminels à retirer des fonds issus d’activités illicites. Devant la cour, le prévenu a rejeté les faits. Il a plaidé non coupable. Selon les éléments présentés à l’audience, le dossier prend forme en septembre 2025. Des dénonciations reviennent avec insistance. Le nom du mis en cause apparaît à plusieurs reprises dans une affaire d’arnaque en ligne. Les enquêteurs ouvrent alors des investigations. Après recoupements, les forces de l’ordre parviennent à le localiser au début du mois d’octobre. Il se trouvait dans une buvette de son quartier au moment de son interpellation. Toujours d’après l’accusation, le jeune homme a d’abord refusé de donner les codes de ses téléphones portables. La police insiste. Il finit par accepter et déverrouille ses appareils. Les vérifications menées à la suite de cette étape conduisent les enquêteurs à une piste précise. Le ministère public affirme que le prévenu retirait de l’argent pour le compte de personnes présentées comme des cybercriminels. Il aurait servi d’intermédiaire pour encaisser des sommes envoyées par des canaux numériques, puis pour les retirer en espèces. Le parquet va plus loin. Il soutient que le prévenu mettait aussi son propre compte bancaire à disposition afin de faciliter certaines transactions. En échange, il aurait touché une commission. Le taux évoqué à l’audience varie entre 10 % et 30 %, selon les montants et les opérations. Pour le ministère public, ce rôle ne relève pas d’un simple service rendu. Le substitut du procureur a demandé à la cour de requalifier les faits en complicité d’escroquerie en ligne. Il a requis une peine de 60 mois d’emprisonnement et une amende de deux millions de francs CFA. Face à ces réquisitions, la défense a contesté l’approche du parquet. L’avocat du prévenu dit ne pas comprendre la sévérité demandée. Il affirme que son client n’est pas l’auteur des manœuvres frauduleuses. Selon lui, le jeune homme se serait limité à recevoir et à retirer des fonds contre rémunération, sans participer aux opérations d’arnaque sur internet, ni contacter les victimes, ni organiser les stratagèmes. La CRIET n’a pas encore tranché. L’affaire a été renvoyée au 30 avril 2026 pour la suite de la procédure.
Par Gabin TOVONON
