Dossier Dangnivo : Codjo Alofa lourdement condamné
Le Tribunal de première instance de Cotonou a rendu, ce mercredi 22 juillet 2026, son verdict dans l’affaire de la disparition et de l’assassinat présumé de Pierre Urbain Dangnivo. Codjo Alofa écope de 30 ans de réclusion criminelle, tandis que son coaccusé, Donatien Amoussou, est acquitté.
Le Tribunal de première instance de Cotonou a mis un terme, ce mercredi 22 juillet 2026, à l’un des dossiers judiciaires les plus emblématiques de ces dernières années au Bénin. Au terme de plusieurs audiences marquées par des incidents de procédure et des contestations de la défense, Codjo Alofa a été reconnu coupable de l’assassinat de Pierre Urbain Dangnivo et condamné à 30 ans de réclusion criminelle. Son coaccusé, Donatien Amoussou, a quant à lui été relaxé.
Dans son jugement, la juridiction a rejeté les différentes requêtes introduites par les avocats des prévenus avant les plaidoiries. Le tribunal n’a notamment pas fait droit à la demande d’une expertise graphologique sur certaines pièces du dossier. Il a également écarté la requête du ministère public qui sollicitait une requalification des infractions poursuivies.
Une audience marquée par le retrait des avocats
L’audience ayant précédé le verdict a été particulièrement mouvementée. Les conseils de Codjo Alofa et de Donatien Amoussou ont quitté la salle, estimant qu’ils ne disposaient pas de tous les éléments indispensables pour assurer convenablement la défense de leurs clients.
Les avocats réclamaient notamment la production de l’original du procès-verbal n°179, établi en août 2010 au commissariat de Godomey, ainsi qu’une expertise graphologique assortie d’une datation de plusieurs documents versés au dossier. Selon eux, ces éléments étaient essentiels avant toute plaidoirie.
Le ministère public a indiqué qu’il lui était impossible de produire le procès-verbal sollicité. Après une suspension de séance, le président du tribunal a confirmé que l’original du document ne figurait pas dans le dossier de la procédure.
Malgré cette explication, les avocats ont maintenu leur position, estimant que les conditions d’un procès équitable n’étaient pas réunies. Constatant leur absence à la reprise de l’audience, le tribunal a décidé de poursuivre les débats jusqu’au prononcé de sa décision.
Les demandes de la défense rejetées
Au cours des échanges, les avocats avaient insisté sur la nécessité de vérifier l’authenticité de certaines pièces avant que le dossier ne soit plaidé. L’un d’eux avait affirmé devant la juridiction avoir « fait son devoir », tandis qu’un autre soutenait qu’il était impossible pour les conseils de plaider sans les documents réclamés.
Ces arguments n’ont toutefois pas convaincu le tribunal, qui a rejeté les demandes formulées par la défense avant de rendre son verdict.
Une affaire qui aura marqué la justice béninoise
L’affaire trouve son origine dans la disparition, en août 2010, de Pierre Urbain Dangnivo, cadre du ministère de l’Économie et des Finances. Depuis plus de quinze ans, ce dossier a alimenté le débat public au Bénin, donnant lieu à de nombreuses investigations, expertises, renvois d’audience et procédures judiciaires.
Les audiences de juillet 2026 avaient déjà été marquées par de vives confrontations entre la défense et le ministère public autour de la communication de certaines pièces du dossier. Malgré ces contestations, le Tribunal de première instance de Cotonou a finalement mis un terme au procès en condamnant Codjo Alofa à 30 ans de réclusion criminelle et en acquittant Donatien Amoussou.
