Gabon : Ali Bongo donne la voix après trois ans de silence
Trois ans après sa chute du pouvoir, Ali Bongo Ondimba sort du silence. Dans un entretien accordé à Info241, l’ancien président gabonais revient sur les moments marquants de son règne et annonce qu’il ne briguerait plus aucun mandat électif.
Après plusieurs années de discrétion, Ali Bongo Ondimba reprend la parole. Dans cet entretien accordé à Info241, l’ancien chef de l’État gabonais évoque sa chute lors du coup d’État du 30 août 2023, sa relation avec Brice Clotaire Oligui Nguema, son état de santé après son AVC de 2018 et les accusations portées contre sa famille.
Concernant sa destitution, Ali Bongo affirme avoir privilégié l’apaisement afin d’éviter tout bain de sang. Il évoque également sa rupture avec Brice Clotaire Oligui Nguema, un homme en qui il dit avoir placé sa confiance après les années de service de ce dernier auprès de son père, Omar Bongo Ondimba.
L’ancien président rejette par ailleurs les accusations selon lesquelles son épouse, Sylvia Bongo, et son fils, Noureddin Bongo, auraient exercé le pouvoir à sa place après son AVC. Il assure être resté le principal décideur et estime que les accusations visant sa famille devront être examinées par la justice.
Sur son bilan, Ali Bongo revendique des avancées dans les infrastructures, la protection de l’environnement et l’égalité entre les sexes, tout en reconnaissant des erreurs et des insuffisances, notamment dans le choix de certains collaborateurs. Il exprime aussi des regrets concernant les violences postélectorales de 2016 et présente ses condoléances aux familles des victimes.
Mais l’annonce majeure de cette sortie médiatique concerne son avenir politique. « Je ne me présenterai plus à des élections », affirme Ali Bongo, considérant sa carrière électorale comme terminée.
L’ancien dirigeant ne compte toutefois pas disparaître complètement de la scène politique. À travers le Parti démocratique gabonais (PDG), il dit vouloir participer à l’émergence d’une nouvelle génération de responsables et organiser progressivement la transmission du flambeau. Depuis l’étranger, Ali Bongo affirme enfin souhaiter retourner au Gabon, à condition que des garanties suffisantes de sécurité et de respect de l’État de droit soient assurées pour lui et sa famille.
