Guerre en Ukraine : au Kenya, des familles réclament le retour de leurs fils recrutés pour combattre aux côtés de la Russie
Au Kenya, des dizaines de familles ont manifesté jeudi 5 mars 2026 dans les rues de Nairobi pour dénoncer le recrutement de jeunes Kenyans envoyés combattre dans la guerre entre la Russie et l’Ukraine. Devant le Parlement, les manifestants ont exigé des explications du gouvernement et réclamé le retour de leurs proches partis au front. Dans la foule, des mères et des pères brandissent des photos de leurs fils. Beaucoup disent avoir perdu tout contact avec eux depuis leur départ. Les familles affirment que plusieurs jeunes ont été trompés par des promesses d’emplois bien payés à l’étranger. Selon leurs témoignages, certains pensaient signer des contrats de sécurité privée avant de découvrir qu’ils allaient rejoindre les rangs de l’armée russe. Les autorités kényanes reconnaissent l’existence du phénomène. D’après des chiffres communiqués par le gouvernement, plus d’un millier de Kenyans auraient été recrutés pour se rendre en Russie. Parmi eux, au moins 89 seraient encore engagés sur la ligne de front en Ukraine. Les autorités signalent également plusieurs situations préoccupantes. Trente-neuf ressortissants kényans seraient hospitalisés, vingt-huit sont portés disparus et un décès a été officiellement confirmé. La situation a aussi pris une dimension internationale. L’ambassadeur d’Ukraine au Kenya a indiqué qu’un ressortissant kényan est actuellement détenu en Ukraine en tant que prisonnier de guerre. Selon lui, les conventions internationales prévoient la protection de ces détenus jusqu’à la fin du conflit. Face à l’indignation des familles, le gouvernement kényan promet d’agir. Le ministre des Affaires étrangères, Musalia Mudavadi, a annoncé des démarches diplomatiques pour tenter de clarifier la situation et protéger les citoyens kényans impliqués dans ce conflit lointain. Les autorités veulent également identifier les réseaux de recrutement soupçonnés d’avoir trompé plusieurs jeunes. Sur le plan judiciaire, deux personnes ont déjà été inculpées au Kenya pour leur rôle présumé dans ces recrutements. Les enquêteurs cherchent à déterminer comment ces jeunes ont été approchés et envoyés vers une zone de guerre.
Par Gabin TOVONON
