Guinée : 40 partis politiques dissous, l’opposition balayée du paysage politique

Guinée : 40 partis politiques dissous, l’opposition balayée du paysage politique

La vie politique guinéenne traverse l’une de ses pages les plus sombres. Dans la nuit du 6 au 7 mars 2026, les autorités ont signé un décret qui prononce la dissolution de 40 partis politiques, dont les trois principales formations d’opposition du pays. Une décision qui provoque déjà une onde de choc dans la classe politique et au sein de la société civile. Le décret a été lu à la télévision nationale dans la nuit. Le texte annonce la suppression de la personnalité juridique des partis concernés et leur interdit toute activité politique. Leurs sièges sont placés sous scellés. Leurs biens et ressources financières sont saisis et placés sous séquestre. Les sigles et emblèmes de ces formations ne pourront plus être utilisés. Parmi les partis dissous figurent les principales forces de l’opposition guinéenne. Il s’agit de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) dirigée par Cellou Dalein Diallo, du Rassemblement du Peuple de Guinée (RPG) de l’ancien président Alpha Condé et de l’Union des Forces Républicaines (UFR) de Sidya Touré. Les trois leaders vivent actuellement à l’étranger et n’ont pas réagi publiquement dans l’immédiat. Les autorités expliquent cette décision par le non-respect de la nouvelle législation sur les partis politiques adoptée après le référendum constitutionnel de septembre 2025. Selon le gouvernement, plusieurs formations n’ont pas rempli les obligations administratives et juridiques exigées par la nouvelle loi. Dans les rangs de l’opposition, la colère est immédiate. Des responsables politiques dénoncent une manœuvre destinée à éliminer toute voix discordante avant les prochaines échéances électorales prévues en 2026. Pour eux, cette décision ouvre la voie à un système politique sans véritable opposition. Des acteurs de la société civile partagent cette inquiétude. Ils estiment que l’espace démocratique se réduit de plus en plus en Guinée. Plusieurs organisations rappellent que les manifestations publiques sont interdites depuis des années et que de nombreuses figures critiques du pouvoir ont été contraintes à l’exil.


Par Gabin TOVONON

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