Guinée-Bissau : la junte annonce les grandes élections pour décembre 2026

Guinée-Bissau : la junte annonce les grandes élections pour décembre 2026

Quelques mois après le coup d’État qui a mis fin au pouvoir d’Umaro Sissoco Embalo, les autorités militaires de Guinée-Bissau annoncent l’élection présidentielle. Par décret lu, mercredi 21 janvier, à la télévision nationale, la junte a fixé l’élection présidentielle et les législatives au 6 décembre 2026. Selon le colonel Valentin Jaime, porte-parole de la présidence, les conditions seraient désormais réunies pour organiser des scrutins libres, justes et transparents. Les autorités de transition assurent agir dans le strict respect de la charte qui encadre la période actuelle. Ce texte prévoit un retour à l’ordre constitutionnel dans un délai maximal d’un an.

Un calendrier qui vise aussi à rassurer les partenaires extérieurs, notamment la Cédéao, très impliquée dans le suivi de la crise bissau-guinéenne. La charte de la transition pose cependant une ligne rouge claire. Le chef de la junte, le général Horta N’Tam, ne pourra pas être candidat. Les militaires disent vouloir rompre avec les pratiques du passé et éviter toute confiscation du pouvoir par les armes. Ils affirment également rester ouverts au dialogue avec la communauté internationale, qui réclame depuis plusieurs mois un agenda électoral précis. Sur la scène politique nationale, l’annonce ne dissipe pas toutes les inquiétudes. Plusieurs partis et acteurs de la société civile expriment leur scepticisme. Ils pointent du doigt l’instabilité persistante du pays, le climat de méfiance et les tensions encore vives. Certains estiment que des élections crédibles ne peuvent se tenir sans la libération préalable des détenus politiques et sans un rétablissement réel des libertés publiques. Cette déclaration intervient dans un contexte diplomatique sensible. Elle suit de peu la visite à Bissau d’une mission de haut niveau de la Cédéao, conduite par le président sierra-léonais Julius Maada Bio et le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye. Une présence qui a pesé dans les discussions et renforcé la pression sur les autorités de transition.

Gabin TOVONON

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La Rédaction

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