Littérature engagée au Bénin: Bénédicta Kpènassou Marie-Thérèse Aloakinnou adresse 22 lettres pour libérer la parole des filles

Littérature engagée au Bénin: Bénédicta Kpènassou Marie-Thérèse Aloakinnou adresse 22 lettres pour libérer la parole des filles

«A une petite Amazone, Les 22 lettres de l’alphabet féminin qu’on ne m’a jamais lues». C’est le titre de l’ouvrage publié samedi 14 mars 2026 à Cotonou par Bénédicta Kpènassou Marie-Thérèse Aloakinnou. La cérémonie de lancement a mobilisé des acteurs clé tels que le ministère des affaires sociales et de la micro-finance, des défenseurs des droits humains, des activistes, des organisations féminines et amoureux de la littérature. Au-delà d’un simple livre, la présidente de la Fondation des Jeunes Amazones pour le Développement (FJAD), propose un outil de transmission destiné aux jeunes filles.

Dieudonné SODABI

Publié aux éditions Savanes du Continent et préfacé par sa mère, Reine Aloakinnou, l’ouvrage se présente comme une série de vingt-deux lettres à la fois courtes, personnelles et profondément engagées. À travers ces écrits, l’autrice aborde sans détour des réalités souvent passées sous silence et invite les lectrices à tracer leur propre chemin vers l’estime de soi et la liberté. Dans son approche, Bénédicta Aloakinnou s’adresse directement aux jeunes filles. Son ambition est claire : leur offrir ces paroles que beaucoup n’ont pas reçues durant leur parcours de vie. Dans des contextes où les filles sont parfois amenées à se limiter ou à douter d’elles-mêmes, ces lettres prennent la forme d’un dialogue intime, presque confidentiel. Mais au fil des premiers retours, une autre dimension du livre s’est révélée. Des hommes et des garçons s’y retrouvent également, découvrant à travers ces pages une meilleure compréhension des réalités féminines. L’ouvrage devient ainsi un support de sensibilisation plus large, invitant chacun à réfléchir au respect, au consentement et aux limites personnelles.

L’écriture comme espace de libération

Pour l’autrice, la littérature reste un levier puissant pour faire évoluer les mentalités. À l’image d’œuvres marquantes comme Sous l’orage de Seydou Badian ou La secrétaire particulière de Jean Pliya, les livres peuvent façonner des visions du monde et transmettre des repères essentiels. Elle insiste surtout sur la capacité de l’écriture à mettre des mots sur ce qui est souvent tu : le rapport au corps, les droits, l’autonomie ou encore les émotions. À travers la lecture, une jeune fille peut ainsi se reconnaître, comprendre qu’elle n’est pas seule et trouver un point d’appui pour s’affirmer. Le livre devient également un pont entre générations, ouvrant la voie à des échanges entre parents, enfants et éducateurs.

Bénédicta Kpènassou Marie-Thérèse Aloakinnou

Un format intime pour un impact durable

Le choix de la lettre n’est pas anodin. Il permet d’instaurer une proximité avec le lecteur, comme si chaque texte lui était personnellement adressé. Courts et accessibles, les écrits ont été pensés pour encourager la lecture, notamment chez les plus jeunes. Le nombre de lettres, vingt-deux, laisse volontairement un espace inachevé. L’autrice invite ainsi chaque lectrice à écrire la suite, à s’approprier son histoire et à devenir actrice de son propre parcours. À travers ces pages, plusieurs thématiques essentielles sont abordées : apprendre à dire non, comprendre le consentement, fixer ses limites, développer la confiance en soi et reconnaître son autonomie. Chaque lettre se termine par des questions et de petits exercices introspectifs, conçus pour accompagner les lectrices dans leur cheminement personnel. Disponible dans plusieurs librairies, notamment à Calavi, Akpakpa et Ganhi, l’ouvrage est proposé au prix de 8 000 francs CFA et devrait progressivement toucher un public plus large, au Bénin comme au-delà.

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La Rédaction

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