Littérature et éveil des consciences : Elysé GODO lance « Au nom d’Allah – De l’or pour le canon » à Zè
L’écrivain béninois Elysé GODO a procédé au lancement officiel de son ouvrage « Au nom d’Allah – De l’or pour le canon » dans la commune de Zè. Entre dénonciation des manipulations religieuses, exploitation des ressources africaines et appel à la paix, ce livre de 15 chapitres a suscité un vif intérêt. La cérémonie, rehaussée par la présence de plusieurs personnalités politiques et administratives, a été marquée par une vente à l’américaine qui a permis de mobiliser 1 030 000 francs CFA au profit de l’œuvre.
Écrit par Dieudonné SODABI
La littérature béninoise s’est enrichie d’une nouvelle publication porteuse de réflexions sur les défis contemporains de l’Afrique. À Zè, l’écrivain Elysé GODO a officiellement présenté son ouvrage intitulé « Au nom d’Allah – De l’or pour le canon », un récit de fiction qui aborde les liens entre religion, violence, intérêts géopolitiques et exploitation des richesses africaines. À travers cette œuvre, l’auteur entend éveiller les consciences et interpeller les lecteurs sur les dérives qui conduisent des hommes à invoquer le nom de Dieu pour justifier la haine et les actes de violence.
La cérémonie de lancement a connu une forte mobilisation. Parmi les personnalités présentes figuraient notamment le ministre honoraire Etienne Cossi, le député Nestor NOUTAÏ, le maire de la commune de Zè, Armando Paolo GBANDÉ, le premier adjoint au maire, Ganiou Avadé, ainsi que de nombreux cadres, figures politiques, amis et parents de l’auteur. Cette présence remarquée témoigne de l’intérêt suscité par l’initiative et de l’attachement des participants à la promotion de la culture et du mérite local.
Un ouvrage au cœur des préoccupations africaines
À travers « Au nom d’Allah – De l’or pour le canon », Elysé GODO propose une réflexion sur les conflits qui secouent le monde, particulièrement en Afrique, où les rivalités de puissance et les intérêts liés aux ressources naturelles contribuent à fragiliser les populations. L’auteur dénonce notamment l’instrumentalisation de la religion à des fins de domination et de destruction. « C’est un livre qui invite à la résistance », a expliqué Elysé GODO, précisant que sa démarche est avant tout guidée par sa sensibilité face aux souffrances du continent. « J’ai été touché par la souffrance de l’Afrique et j’ai écrit pour réveiller les consciences. Pour que chacun comprenne qu’on a encore du travail », a-t-il confié.
Composé de 15 chapitres, le livre met en scène trois personnages principaux : le Père Gabriel, El Hadj Habibou Mahamad et Dada Zohossou, représentant respectivement les univers chrétien, musulman et des traditions ancestrales africaines. Malgré leurs différences, ces personnages partagent une même aspiration : défendre la paix et préserver l’humanité face aux forces de division.
Dans sa présentation de l’œuvre, le professeur de lettres Jean-Benoît ALOKPON, ancien président de l’Association des professeurs de français du Bénin et ancien haut fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères, a mis en lumière la portée philosophique et sociale du récit. Il a notamment souligné la manière dont l’auteur interroge les mécanismes de manipulation, la radicalisation et les intérêts qui alimentent les conflits. Le roman rappelle ainsi que la foi ne saurait constituer un prétexte pour détruire son semblable et que la conscience humaine demeure un rempart essentiel contre la haine.
Zè, un choix symbolique pour l’auteur
En choisissant sa commune natale pour ce lancement officiel, Elysé GODO entend donner une dimension particulière à son engagement littéraire. Pour lui, le développement culturel des territoires repose aussi sur les initiatives de leurs propres filles et fils. « Je n’ai jamais sous-estimé ma commune. Je l’ai toujours considérée comme une commune qui va grandir tôt ou tard. Mais pour qu’elle grandisse, il faut des initiatives. Et ces initiatives doivent venir de ses fils et ses filles », a-t-il déclaré.
L’auteur a également exprimé sa surprise et sa satisfaction devant la mobilisation du public. Alors qu’il s’attendait à recevoir une vingtaine de personnes, il a découvert une salle remplie, signe, selon lui, que les initiatives culturelles locales peuvent bénéficier d’un véritable accompagnement. Moment fort de la cérémonie, la vente à l’américaine organisée autour de l’ouvrage a permis de réaliser une recette de 1 030 000 francs CFA. Au-delà de cette performance commerciale, cette mobilisation a constitué un encouragement pour l’auteur et un signal positif en faveur de la promotion du livre dans la commune de Zè.
Impressions et témoignages de quelques personnalités et jeunes
L’initiative a suscité des réactions enthousiastes auprès des cadres politiques, des responsables communaux et de la jeunesse, qui y voient un exemple à suivre et une invitation à faire davantage confiance aux talents locaux.
Le Ministre honoraire Etienne Cossi très ému, décerne un satisfecit. «C’est un honneur pour nous de venir assister Monsieur Godo. Parce que vous savez, écrire un livre, c’est déjà très passionnant, c’est très intéressant. Il en a écrit plusieurs. Oser donner son avis pour se faire critiquer par le public, c’est un événement très intéressant. Et cela honore l’auteur et en même temps, ça élève son milieu. Donc nous sommes tous contents et nous avons voulu lui présenter nos félicitations et souhaiter qu’il aille toujours de l’avant avec beaucoup plus d’écrits. C’est notre vœu sincère».
Le premier adjoint au maire, Ganiou Avadé, n’a pas caché son émotion face à cet événement inédit dans la commune. « Ma première impression, c’est d’abord la joie au cœur. Depuis que je suis né, c’est la première fois que je vis un pareil événement dans notre commune. C’est avec une grande émotion que j’y ai assisté. Tout le monde a pu constater l’engouement autour de l’événement. C’est un signe dont tout le monde doit s’inspirer. Un jeune qui s’engage jusqu’à ce point a véritablement besoin de notre accompagnement et de l’accompagnement de tout le monde. J’invite donc le reste de la jeunesse à aller à son école. Tout le monde a écouté les témoignages des uns et des autres. Cela nous interpelle tous. Nous devons cultiver l’humilité, le respect et tout le reste. »
Pour le maire Armando Paolo GBANDÉ, cette cérémonie représente également une étape importante dans la valorisation des initiatives culturelles locales. Il a saisi l’occasion pour inviter les jeunes à s’engager dans une dynamique collective, tout en entretenant un dialogue constructif avec les autorités communales.

« C’est une première pour nous. On n’avait jamais vu quelqu’un lancer un livre de façon aussi officielle à Zè. Ce n’est pas que Zè n’a pas d’écrivains, mais un événement comme celui-ci, c’est aujourd’hui que nous le vivons. Donc c’est une grande satisfaction. Moi-même je suis jeune. Ce que j’ai envie de dire à la jeunesse, c’est d’abord d’être unie. C’est vrai, être unis ne veut pas dire parler tous le même langage. Mais il faut avoir le sens du développement, le sens de l’action pour le développement. Et puis, oui aux critiques, mais des critiques constructives. Tout à l’heure, j’ai senti que la jeunesse est vraiment avec nous, qu’elle suit ce que fait le conseil communal. J’ai même été surpris quand on a annoncé que la jeunesse de Zè voulait m’offrir un cadeau pour encourager le conseil que je dirige. Je veux simplement exhorter cette jeunesse à continuer dans cette logique, à nous suivre, et à nous faire des critiques là où il le faut, pour nous permettre d’améliorer notre façon de gouverner Zè. »
Même enthousiasme chez Henri Kpadoto, directeur du Centre des Jeunes et Loisirs de Zè, qui considère la réussite de ce lancement comme une fierté collective et une source de motivation pour toute la jeunesse.

« C’est une fierté pour nous. Qu’un jeune de Zè écrive un livre et le lance à Zè, c’est une fierté. Ceux qui connaissent le jeune homme dans la commune de Zè, pour ne pas dire dans tout le Bénin, savent que c’est un gars qui a de l’avenir. Nous ne pouvons qu’encourager ce qu’il fait. Ce qu’il a fait aujourd’hui, ce n’est pas pour lui seul. Il l’a fait pour toute la génération, pour toute la jeunesse de Zè. Il l’a fait pour montrer à ceux qui sont dubitatifs qu’on peut faire quelque chose et le promouvoir chez soi. Vous avez vu le nombre de personnes dans la salle et à combien le livre a été vendu. Cela prouve que si nous faisons bien, on peut être accompagnés. La jeunesse a accompagné le mouvement aujourd’hui. Je suis vraiment content de ce qui s’est passé dans ce Centre de Jeunes et Loisirs, qui est la maison des jeunes et un lieu de distraction et de réflexion pour la couche juvénile. »
Mot de remerciement de l’écrivain Elysée Godo
Soyez bénis au Nom de Dieu, Lui qui détient notre souffle,
Au lendemain du lancement de mon livre Au Nom d’Allah : De l’or pour le canon, je tiens à vous adresser mes sincères remerciements pour votre soutien et l’intérêt que vous avez porté à cet événement. Votre présence, votre accompagnement et vos encouragements m’ont profondément touché. Il y a encore quelques jours, je doutais de la mobilisation autour de cette rencontre : j’avais eu peu de confirmations positives, beaucoup ayant d’autres occupations à la même heure. D’autres n’avaient carrément pas répondu pendant plus d’un mois d’invitations.
Mais en découvrant les personnes qui ont répondu à l’appel, j’ai ressenti une immense joie et une profonde émotion. Cela fait dix ans que je m’investis dans l’écriture, que j’essaie de manier les mots. À travers mes ouvrages, je m’efforce de contribuer au rayonnement de notre chère commune de Zè, à laquelle je demeure profondément attaché.
La réussite de cette cérémonie représente beaucoup pour moi. Je suis donc heureux de pouvoir compter sur des personnes comme vous, qui accordent de l’importance à des initiatives de cette envergure. Je vous exprime toute ma gratitude et prie le Seigneur de vous bénir, de protéger votre famille et de vous combler de ses grâces. Il me plaît de citer tous les noms de ceux qui m’ont encouragé, de la préfecture d’Allada jusqu’à la Mairie de Zè, passant par l’Assemblée Nationale et dans chaque arrondissement de ma commune, sans oublier mes connaissances venues de loin. Mais je vous assure, la liste est très longue et je risque d’en oublier.
Merci à vous, frères, amis, membres de ma famille. Soyez abondamment bénis.
Et vous, respectable homme, Merci infiniment pour votre soutien. Que Dieu vous le rende au centuple.
Avec mes sentiments de profonde reconnaissance et mes salutations les plus respectueuses.
Elysé GODO
