« Marcher pour s’en sortir » : Le projet de l’Ong Terres rouges pour aider les jeunes en difficulté
Pour la neuvième édition, les responsables de l’Ong Terres rouges Bénin accompagnent huit jeunes en difficulté sur le plan social. La marche, principale activité autour de laquelle se greffent des actions d’accompagnement psychosocial, se déroulera en dix jours. Ils prennent départ dans la matinée de ce samedi 7 février 2026 au siège de l’Ong à Cotonou.
Dans l’équipe, Adeline Truici, éducatrice spécialisée et responsable des dortoirs de nuit des filles, accompagne les jeunes dans leur décision d’avancer dans leurs objectifs de vie. « Ce sont des jeunes qui ont entrepris beaucoup de choses, par exemple au niveau de leur formation, et qui ont rencontré des difficultés, que ce soit par rapport à leur vie privée, à leur vie personnelle ou aux souffrances qu’ils ont vécues. Ils ont du mal à s’en sortir. Donc, avec ce projet, nous voulons marcher avec eux tout en les accompagnant pour qu’ils puissent extérioriser leurs problèmes, trouver les ressources qu’ils ont et s’appuyer là-dessus pour aller de l’avant. C’est une marche pour s’en sortir. C’est tout un trajet », explique-t-elle.
À en croire ses propos, c’est un trajet de dix jours. Le départ est à Cotonou et l’équipe va parcourir Ouidah, Grand Popo, Comè, Kpomassè, Ouidah puis Cotonou. Salao Ange Marie, un bénéficiaire du projet, se dit très ravi de faire partie de l’aventure. « Au retour, le travail que chacun veut faire, on va dire. » À en croire Romaric ASSOGBA, psychologue clinicien à l’Ong Terres rouges Bénin, le projet de marche « Marcher pour s’en sortir » au profit des jeunes est à sa neuvième édition. Il a rappelé les contextes, les objectifs et les résultats attendus après les dix jours de marche. « Ce sont des jeunes que nous accompagnons sur nos dispositifs. Ce sont des jeunes qui sont sur nos dispositifs, le centre résidentiel, le dortoir de nuit, le centre communautaire et surtout notre dispositif de sillonnage. C’est un dispositif à ciel ouvert qui va à la rencontre des jeunes dans la rue. Dans l’effectif, il y a deux jeunes qui ne sont pas accompagnés dans un centre fermé mais qui sont dans le marché Dantokpa, au bord de la plage… et qui font partie du projet. Donc, ce sont des jeunes que nous accompagnons et qui présentent des difficultés pour lesquelles, pour le moment, ils n’arrivent pas à trouver de solution. On s’est dit qu’il faut se couper de la rue, de leur milieu quotidien, pour se retirer et faire un travail en profondeur et mieux réfléchir sur leur vie.
Les objectifs visés sont d’amener les jeunes à créer une rupture avec leur milieu de vie quotidien, qu’ils puissent réfléchir sur les diverses problématiques liées à leur parcours. Comme vous le savez, Terres rouges Bénin est dans l’accompagnement psychosocial des jeunes. Ce sont des jeunes qui sont parfois en rupture de liens, brève ou totale, avec les familles, ce sont des jeunes qui sont dans la consommation de substances parce que, se retrouvant dans la rue, ils sont impactés par des anciens qui les ont entraînés dans la consommation, des comportements de violence. Ce sont des jeunes qui présentent aussi des instabilités en formation professionnelle. Ce sont des jeunes qui sont mis en formation avec tous les moyens d’accompagnement, mais qui ont abandonné une, deux, trois fois… Autant de problématiques qui sont recensées chez ces jeunes. Ça a fait l’objet d’une sélection. Au départ, ils étaient 17 jeunes en entretien, certains ont désisté et on a retenu ceux dont les problématiques étaient assez profondes pour pouvoir travailler ces problématiques avec eux.
L’objectif est qu’au retour de la marche, les jeunes aient un projet de vie clair, c’est-à-dire réfléchir avec les jeunes, construire avec eux un projet de vie, et la prise en charge est individualisée, au cas par cas. C’est un processus d’entretien, d’évaluation de risques. Toutes les dispositions sécuritaires sont prises. Les diverses zones où nous allons passer ou camper, les autorités locales sont informées, les directeurs sont informés, la police républicaine est informée. Dès que nous arrivons dans une localité, nous allons nous présenter aux autorités pour qu’elles sachent que nous sommes là. Tout a été fait pour que nous allions saints et saufs et que nous revenions saints et saufs. »
Par Ignace NATONNAGNON
