Mendicité des enfants : le gouvernement annonce une phase de répression
Face à l’ampleur de la mendicité infantile dans le Nord, le gouvernement béninois veut changer de méthode. Réunis à Parakou le 13 octobre 2026, trois ministres ont annoncé le passage de la sensibilisation à la répression.
La décision a été prise à l’issue d’une concertation tenue à la préfecture de Parakou. Autour de la table, les ministères de la Famille et des Affaires sociales, de la Décentralisation et de l’Intérieur, les préfets du Borgou, de l’Alibori, de l’Atacora et de la Donga, les maires, la justice, les forces de sécurité, mais aussi les leaders religieux, traditionnels et la société civile.
Les chiffres présentés montrent à quel point cette situation n’est plus à prendre à la légère. Dans les quatre départements du Nord, 4 450 enfants vivraient de la mendicité et dans la rue. Plus de 75 % seraient des mendients actifs. Un enfant sur deux dormirait à même le sol. Deux sur trois ne mangeraient qu’une fois par jour. Ces données ont poussé les autorités à durcir le ton.
Jusqu’ici, l’action publique reposait essentiellement sur la sensibilisation et l’accompagnement. Désormais, le gouvernement veut passer à la répression contre les réseaux d’exploitation tout en prenant le soin de renforcer les dispositifs de protection et de réinsertion. La nouvelle stratégie vise particulièrement les adultes qui organisent ou profitent de la mendicité des mineurs, notamment les enfants talibés confiés à des écoles coraniques et les enfants loués pour mendier. Les parents et tuteurs complices sont également concernés.
Les modalités de la phase répressive seront détaillées dans les prochains jours par les préfectures concernées. L’objectif visé est de retirer les enfants de la rue et sanctionner ceux qui les y maintiennent.
Par Bérenger HOUNHOUEGNON
