À Sabun Binin, village de la zone de Batsari, des habitants ont surpris le pays entier après une riposte inattendue face à un enlèvement massif. Plutôt que de céder à la panique, ils ont pris une décision rare : capturer les proches des bandits pour obtenir la libération de leurs propres otages. Une méthode jamais vue dans cette région habituée aux assauts répétés des groupes criminels.
Tout a démarré une dizaine de jours plus tôt, lorsque les hommes armés du gang « Yan Bindiga » pénètrent dans le village. Ils arrivent à moto, dispersent les habitants et emmènent plusieurs dizaines de personnes vers la forêt de Rugu. Les ravisseurs fixent une rançon hors de portée : 100 millions de nairas par otage. Pour Sabun Binin, c’est un choc de plus, mais cette fois la résignation ne prend pas le dessus. Des jeunes, appuyés par la Civilian Joint Task Force, mènent discrètement des investigations. Ils identifient les ravisseurs, leurs liens familiaux et surtout les lieux où résident leurs proches. En moins de deux jours, une quinzaine de parents de bandits des mères, des frères, des épouses se retrouvent entre les mains des villageois. Les témoins affirment qu’aucun mauvais traitement n’a eu lieu.Lorsque les bandits appellent pour négocier, les habitants renversent la situation. Ils posent leurs conditions avec une fermeté qui surprend tout le monde : « Vos proches restent ici tant que nos fils et nos filles ne rentrent pas chez eux ».
La stratégie porte ses fruits. Moins de cinq jours plus tard, l’ensemble des otages de Sabun Binin regagne le village. Les rescapés racontent leur calvaire mais ajoutent un détail inattendu : chaque personne reçoit 30 000 nairas « pour le transport », un geste que beaucoup perçoivent comme une forme d’humiliation imposée aux bandits. Après la libération des villageois, leurs proches retenus à Sabun Binin retrouvent également la liberté.

