Procès Dangnivo : le frère de la victime rejette la piste Alofa, l’audience renvoyée au 15 juillet
Le procès de l’affaire Pierre Urbain Dangnivo s’est poursuivi, ce mercredi 8 juillet 2026, avec une nouvelle audience marquée par le témoignage de Grégoire Dangnivo, frère de la victime, et de vifs échanges entre les avocats de la défense et le ministère public. A l’issue de cette audience, la Cour a renvoyé l’affaire au 15 juillet 2026.
Invité à s’exprimer devant la Cour, Grégoire Dangnivo a qualifié de « regrettables » les récentes déclarations de l’ancien directeur général de la Police nationale, Louis Philippe Houndégnon. Selon lui, si celui-ci avait ces informations sur le dossier, il aurait dû les révéler depuis plusieurs années. Par la suite, il a réaffirmé sa conviction selon laquelle Pierre Urbain Dangnivo a été victime d’un « assassinat politique planifié ». Il a également rejeté toute implication de Codjo Alofa et de Donatien Amoussou. Pour lui, « la piste Alofa est un vrai montage ». Par ailleurs , il a dénoncé les affirmations selon lesquelles des membres de sa famille auraient l’habitude de disparaître ou présenteraient des troubles psychologiques. Pour finir, il a appelé les véritables auteurs des faits à assumer leurs responsabilités.
L’audience s’est poursuivie avec la lecture des rapports d’enquête de moralité et des expertises psychologiques des accusés. Les conclusions sur Donatien Amoussou indiquent qu’il ne présente aucune anomalie mentale, même si les experts relèvent chez lui un caractère impulsif. Les débats ont ensuite porté sur l’acte de décès de Pierre Urbain Dangnivo, communiqué à la défense au cours de l’audience. Sur cet aspect, les avocats ont dénoncé cette transmission tardive et soulevé l’existence de deux actes de décès distincts. Ils ont donc demandé à la Cour de préciser lequel des deux actes doit être considéré. La défense a également rappelé qu’Isidore Akon, un soudeur béninois cité dans ce dossier, fait toujours l’objet d’un mandat d’arrêt délivré depuis 2011.
Notons aussi qu’au cours des débats, Me Zinflou a attiré l’attention de la Cour sur une différence d’écriture relevée entre deux procès-verbaux attribués au même inspecteur de police. Selon l’avocat, cet élément pourrait constituer un indice de falsification. Il a également affirmé vouloir avant tout « la manifestation de la vérité » dans ce dossier.
À la demande des avocats de la défense, la Cour a finalement renvoyé le dossier au mercredi 15 juillet 2026 à 9 heures, pour la poursuite des débats et les réquisitions.
Par Bérenger HOUNHOUEGNON
