REGARDS CROISÉS : BAMAKO : LA GIFLE, RÊVE BRISÉ
Battues 6-2 à Bamako après leur victoire 3-1 à l’aller au stade de Kégué, les Amazones du Bénin sont éliminées de la course aux JO 2028 (7-5 en cumulé). Une lourde désillusion qui sonne comme une piqûre de rappel.
6-2. Le score est lourd. Sec. Sans appel. À Bamako, les Amazones du Bénin n’ont pas joué. Elles ont subi. Pourtant, tout avait bien commencé. Au stade de Kégué à Lomé, quelques jours plus tôt, elles nous avaient fait rêver : 3-1 face au Mali. On y a cru. On a calculé le tour suivant. On a parlé de Jeux Olympiques. On a oublié que le football se joue en deux actes.
Au retour, les Maliennes nous ont rappelé ce qu’est une équipe. Solide, athlétique, réaliste. Elles ont infligé une véritable correction. Malgré le doublé de Romaine Gandonou qui a sauvé l’honneur, le Bénin s’écroule. Score cumulé : 7-5. Porte fermée. Rêve olympique terminé. Cette défaite a des allures de piqûre de rappel. Une piqûre qui fait mal, mais qui est nécessaire.
Il faut le dire : la qualification historique de nos U20 pour la Coupe du Monde féminine et les bons résultats des U17 nous ont grisés. Ces performances sont exceptionnelles, mais elles sont l’arbre qui cache la forêt. Car la vérité est là, crue, à Bamako : le football féminin béninois reste toujours à l’état embryonnaire.
Oui, il y a une relative bonne organisation. Oui, il y a des talents qui percent, comme Romaine. Oui, il y a de la volonté. Mais le gap est encore énorme. Sur le plan athlétique, tactique, de l’expérience et de la compétitivité de notre championnat. On ne construit pas une nation forte avec deux générations dorées. On la construit avec une base solide.
Hier, nos Amazones n’ont pas perdu contre le Mali. Elles ont perdu contre notre propre insuffisance structurelle. Cette claque doit nous guérir de l’euphorie prématurée.
Le travail recommence. Vraiment.
Par Ignace NATONNAGNON
