Regards croisés : Bénin Alafia plein de splendeurs…
C’est officiel ! Le Bénin se projette enfin de façon structurelle dans l’avenir. Autour d’une vision fédératrice des énergies, le gouvernement a le mérite de ratisser large afin d’aboutir à un document qui fixe les objectifs de développement, les stratégies, les moyens et les résultats escomptés.
Qui mieux que le bâtisseur national, le chantre du développement, pour officialiser la nouvelle dynamique ? Le chef de l’État, Patrice Talon, puisque c’est de lui qu’il s’agit, dans un discours mémorable, a rappelé les fondements de la Vision Bénin 2060, Alafia, un monde de splendeurs.
« Elle n’est pas un simple document. Elle affirme avec clarté qu’à l’horizon 2060, le Bénin sera un pays de paix, de prospérité partagée, de bonne gouvernance, de rayonnement culturel et international, et de bien-être pour tous… » Trop beau, n’est-ce pas ? Oui… L’avènement d’un monde de splendeurs au Bénin est véritablement possible, mais à quel prix ? Sommes-nous prêts à payer le prix fort de cette nouvelle orientation qui fixe un nouveau cap à atteindre ?
Loin de paraître comme un oiseau de mauvaise augure, qu’il nous soit permis de jeter un coup d’œil dans le rétroviseur. En effet, il n’y a rien de nouveau en réalité, car à l’orée des années 2000, la Vision Bénin Alafia était déjà projetée pour l’horizon 2030. À quelques encablures de l’échéance, quel bilan peut-on faire ? Certes, le scénario Wahala n’est pas à l’ordre du jour, mais nous sommes clairement très loin des standards de développement à atteindre quand on se réfère aux objectifs de départ. Qu’est-ce qui n’a pas marché ? Le diagnostic a-t-il été fait en profondeur ? Les mêmes causes, dans les mêmes conditions, ne produiront-elles pas les mêmes résultats ?
Tous les regards sont tournés vers 2060 et, contrairement à la vision 2000-2030, le peuple béninois vient de vivre une expérience capitalisable à tous points de vue. En dix ans (2016-2026), Patrice Talon a montré que c’était possible. Que le rêve d’un développement structurel et équilibré peut enfin migrer du stade de bonnes intentions pour se matérialiser de façon visible. Des infrastructures routières et sportives aux cantines scolaires, en passant par l’assainissement de l’état civil, une administration fortement digitalisée, sans oublier la révolution touristique et culturelle impulsée…, à l’heure du bilan, nous pouvons affirmer que les renoncements n’ont pas été vains. Ce fut, à la limite, de la mer à boire.
À l’épreuve du pouvoir et face à l’impatience légitime du peuple, certaines options ont généré des situations regrettables. Heureusement que le chantre de la rupture s’est très vite rendu à l’évidence que le job ne pouvait pas se faire en cinq ans. À l’arrivée, nous pouvons être fiers de l’image du Bénin projetée dans le concert des nations. De toute évidence, ce succès story sur la décennie qui s’achève peut servir de bréviaire ou de motif d’espoir pour la réussite de la Vision Bénin 2060, Alafia.
Le célèbre historien burkinabè, Joseph Ki Zerbo, a dit : « Le développement n’est pas une course olympique. » Allons à notre rythme en nous assurant de poser les pas justes, les uns après les autres. La nation de nos rêves, le Bénin Alafia, un monde de splendeurs, est à portée de main. Rendez-vous à l’horizon 2060 !
Par Ignace NATONNAGNON
