Scandale: Un directeur de funérarium condamné à 40 ans de prison pour avoir caché près de 200 cadavres
En Amérique, dans le Colorado, Jon Hallford, directeur d’un funérarium se présentant comme « écologique », a été condamné à 40 ans de prison pour abus de cadavres. Derrière la façade d’un établissement censé offrir des obsèques respectueuses de l’environnement se cachait en réalité l’un des scandales funéraires les plus macabres de ces dernières décennies. Tout a commencé en octobre 2023 à Penrose, une petite localité située à une cinquantaine de kilomètres au sud de Colorado Springs. Des habitants, incommodés par une odeur pestilentielle persistante, alertent le shérif. L’origine des effluves mène les forces de l’ordre au domicile de Jon Hallford et de son ex-épouse, Carie Hallford. La perquisition qui s’ensuit révèle l’horreur : des dizaines, puis des centaines de corps entassés, en décomposition, dans des zones non réfrigérées. Le bilan final fait froid dans le dos : 189 dépouilles humaines, dont celles d’enfants et de fœtus.

À la barre, l’émotion était vive. Les familles endeuillées, massées dans une salle d’audience comble, ont livré des témoignages bouleversants. « Je suis la fille d’une mère de famille qui a été traitée comme une ordure », a lancé Kelly Mackeen, la voix brisée. « Elle a été jetée quelque part et abandonnée avec des centaines d’autres. » Des mots qui traduisent la douleur et la colère de proches qui, pendant des années, ont cru offrir une sépulture digne à ceux qu’ils aimaient. Selon les enquêteurs, Jon et Carie Hallford avaient mis en place une vaste escroquerie. Les familles payaient pour des enterrements ou des crémations censés être réalisés dans le respect des rites. En réalité, les corps n’étaient ni incinérés ni enterrés. Pour tromper les proches, le couple plaçait un mélange de béton sec dans les urnes ou les cercueils remis aux familles. Pendant près de quatre ans, l’entreprise « Return to Nature » a ainsi encaissé plus de 130 000 dollars pour des prestations fictives. Face au juge Eric Bentley, Jon Hallford a tenté de faire acte de contrition. « J’ai eu de nombreuses occasions d’arrêter, mais je ne l’ai pas fait. Tout ce que j’ai fait était mal », a-t-il reconnu, admettant que ses actes marqueraient durablement toute une génération. Des excuses jugées insuffisantes par les victimes, dont certaines ont réclamé la peine maximale de 50 ans, qualifiant l’accusé de « monstre » qui mérite de « pourrir en prison ». Dans son verdict, le juge n’a pas caché son trouble. « Je crois profondément que chaque être humain est fondamentalement bon », a-t-il déclaré. « Mais vos crimes mettent cette conviction à rude épreuve. » Il a finalement prononcé une peine de 40 ans de réclusion. Carie Hallford, quant à elle, a plaidé coupable et attend encore sa condamnation.
Par Gabin TOVONON
