Secteur sanitaire: les parlementaires de la CEDEAO plaident pour un financement domestique durable des systèmes de santé
La capitale économique du Bénin accueille du 25 au 27 mars 2026, une rencontre stratégique des parlementaires de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), aux côtés des autorités béninoises et de l’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS). Réunis à l’hôtel Sofitel, les participants plaident pour un financement domestique durable des systèmes de santé, considéré comme un levier essentiel de souveraineté sanitaire et d’amélioration des indicateurs dans la sous-région.
Placée sous le thème « Parlementaires de la CEDEAO pour la mobilisation des ressources domestiques en santé et l’amélioration des indicateurs », cette réunion de haut niveau s’inscrit dans une dynamique régionale qui vise à renforcer l’engagement politique en faveur d’un financement pérenne des systèmes de santé. Elle rassemble des parlementaires des pays membres autour d’un objectif commun, celui de repenser les mécanismes de financement dans un contexte marqué par la persistance des maladies transmissibles, les urgences sanitaires et la fragilité des infrastructures de santé. Dans son allocution d’ouverture, le président de la rencontre, le Professeur Joseph Djogbénou, a salué une initiative qui traduit une volonté politique forte de faire de la santé une priorité budgétaire. Il a mis en évidence le rôle central des parlementaires dans l’adoption de lois favorables à l’augmentation des ressources nationales allouées à la santé, ainsi que dans le contrôle de l’action gouvernementale pour une gestion rigoureuse et transparente des fonds publics.
Un engagement pour une mobilisation accrue des ressources internes
Le Directeur général de l’OOAS, Melchior Athanase Aïssi, a insisté sur l’urgence de renforcer le financement domestique des systèmes de santé en Afrique de l’Ouest. Il a, à cet effet, rappelé que malgré les engagements pris par les États depuis le sommet d’Abuja, ces systèmes restent fortement dépendants de financements extérieurs, une situation qu’il qualifie de fragilité structurelle. Face à ce constat, il a appelé à un changement de paradigme axé sur la mobilisation efficace des ressources internes. Parmi les pistes évoquées figurent l’adoption de politiques fiscales adaptées, le développement de partenariats public-privé responsables, la digitalisation des mécanismes de collecte et la mise en place de dispositifs régionaux de solidarité. Le responsable de l’OOAS a également mis en avant le rôle déterminant des parlementaires, garants de la souveraineté budgétaire. Il les a exhortés à inscrire la santé comme priorité dans les lois de finances, à protéger les budgets alloués au secteur et à veiller à une utilisation efficiente des ressources.
Plusieurs autorités béninoises ont également pris part aux échanges. Le Directeur de cabinet du Président de l’Assemblée nationale, Abou Torou, a rappelé que la santé constitue à la fois un impératif moral et un investissement stratégique pour le développement durable, la stabilité sociale et la productivité économique. De son côté, le ministre de la Santé, le Professeur Benjamin Hounkpatin, a mis en lumière les défis majeurs auxquels fait face la sous-région, notamment la croissance démographique rapide, le double fardeau des maladies, les urgences sanitaires récurrentes et le poids élevé des dépenses supportées par les ménages. Il a souligné que l’investissement dans la santé génère des retombées économiques et sociales significatives, en renforçant notamment le capital humain.

