4 mai 2012 – 4 mai 2026 : 14 ans que Rachidi Yèkini est mort, ruiné, seul, oublié
Il y a 14 ans, le football africain perdait son plus grand numéro 9. Rachidi Yèkini s’éteignait, rongé par la maladie, dans le dénuement le plus total.
Loin des projecteurs qui l’avaient sacré, le 4 mai 2012, l’Aigle nigérian repliait ses ailes. Mais l’histoire, elle, n’oublie pas.
21 juin 1994…
Cette année-là, le Nigeria découvre la Coupe du monde face à la Bulgarie. À la 63e minute, Yèkini contrôle le ballon et frappe. 1-0. C’est le premier but des Super Eagles dans un Mondial. Il court vers le filet, s’agrippe aux mailles et hurle sa joie. Une image, une icône. Ce jour-là, Yèkini n’a pas seulement marqué. Il a libéré tout un pays, tout un continent.
Une empreinte indélébile en Afrique
À la Coupe d’Afrique des Nations 1992 au Sénégal, il termine meilleur buteur avec 4 réalisations. En Tunisie, deux ans plus tard, il récidive.

Meilleur buteur avec cinq buts, Soulier d’or et champion d’Afrique après la victoire du Nigeria face à la Zambie.
Ballon d’or africain 1993, l’attaquant de Setúbal était alors inarrêtable.
Un record imbattable ?
Avec le Nigeria, il totalise 58 sélections pour 37 buts. Un record qui tient toujours chez les Super Eagles. Ni Ikechukwu Uche, ni Victor Osimhen ne l’ont encore égalé.
La chute et le silence
L’après-carrière a été totalement aux antipodes de la gloire qu’il a connue sur les terrains. La dépression, l’oubli. Le héros de 1994 meurt le 4 mai 2012 à Ibadan, à 48 ans. Malade, isolé, ruiné. Une fin indigne pour un géant. Le Nigeria pleure, l’Afrique s’indigne. Comment a-t-on pu laisser partir Yèkini ainsi ?
14 ans après, le paradoxe demeure. Son but contre la Bulgarie tourne encore en boucle. Ses stats forcent le respect. Mais son nom ne figure sur aucun grand stade au Nigeria. Aucune académie nationale ne porte son nom.
L’héritage
Yèkini, c’était la puissance, la rage, l’instinct. Le prototype de l’avant-centre africain moderne. Sans lui, pas de Drogba, pas d’Eto’o, pas d’Osimhen. Il a montré la voie.
4 mai 2026, 14 ans déjà. Le dénuement de sa mort ne doit pas effacer la grandeur de sa vie. Rachidi Yèkini n’était pas qu’un buteur. Il était une date : le 21 juin 1994. Il était un chiffre : 37. Il était un cri, accroché à un filet.
Repose en paix, champion!
Par Ignace NATONNAGNON
