Gouvernance sous le septennat Wadagni: Pourquoi le Bénin a besoin d’un « Ministère des Régions » selon le juriste Jacob TOHIGBE ?
À l’approche de l’investiture du président Romuald Wadagni ce dimanche 24 mai, le débat sur l’architecture du futur gouvernement s’intensifie. Dans une tribune prospective, Jacob Tohigbe, juriste, consultant en communication politique et affaires publiques, plaide pour une audace institutionnelle : la création d’un Ministère des Régions et de la Compétitivité Territoriale pour porter la promesse phare des 6 pôles de développement.
Pour l’opinion publique, le processus électoral s’achève avec le verdict des urnes. Une erreur stratégique selon le juriste Jacob Tohigbe. Dans une réflexion technique et citoyenne, ce dernier rappelle que le bulletin de vote n’est pas un chèque en blanc, mais le début d’un contrat de performance. Fort de cette « veille citoyenne positive », l’expert invite l’exécutif à adapter son appareil d’État aux ambitions économiques du septennat qui s’ouvre. Face au défi de l’extrême pauvreté et pour concrétiser la promesse présidentielle des 6 pôles de développement territorial, sa proposition est concrète : doter le Bénin d’un Ministère des Régions et de la Compétitivité Territoriale.
En finir avec la bureaucratie et la dispersion des compétences
Le projet de société « Plus loin, Ensemble » ambitionne de rompre avec le centralisme économique pour rentabiliser les territoires, qu’il s’agisse des pôles touristiques, industriels ou agricoles. Cependant, souligne le consultant, la transversalité de ces pôles (qui mêlent aménagement, industrie et numérique) risque de se heurter à la lenteur administrative si elle est fragmentée entre plusieurs ministères classiques.
« En droit administratif, la dispersion des compétences engendre la lenteur », prévient Jacob Tohigbe. Un Ministère des Régions agirait ainsi comme une véritable force de frappe et un ordonnateur unique, garantissant l’agilité et la vitesse d’exécution prônées par le nouveau chef de l’État.
Déconcentration économique et non déconcentration administrative
L’auteur se veut rassurant face aux craintes d’un étouffement des collectivités locales : il ne s’agit pas de dépouiller les maires ou de créer une nouvelle couche politique qui nécessiterait une lourde révision de la Loi fondamentale. La commune reste le socle. Ce nouveau ministère traduirait plutôt une démarche de déconcentration économique stratégique. Il servirait de passerelle juridique permettant à l’État d’injecter des investissements massifs dans les zones intercommunales, transformant la décentralisation administrative en une « décentralisation de prospérité ».
Un aimant pour les investisseurs privés
Enfin, l’attractivité du Borgou, de l’Atacora ou des autres régions du pays dépendra de la flexibilité du cadre légal proposé aux partenaires internationaux. Pour que chaque pôle devienne compétitif dans la sous-région, le droit commun ne suffira pas. Selon le juriste, ce ministère de plein exercice aura pour mission cruciale de concevoir des textes réglementaires d’exception (zones franches régionales, sécurisation des réserves foncières, partenariats public-privé localisés), offrant ainsi des leviers d’attractivité sur mesure.
À l’aube du 24 mai, cette proposition pose les bases d’un débat de fond sur la modernisation de l’État. Pour Jacob Tohigbe, le Ministère des Régions ne sera pas une administration de gestion de plus, mais un incubateur de croissance, nourri par la vigilance de citoyens devenus de véritables « actionnaires civiques » de la nation.
La rédaction
