Nigeria : une vieille femme de 101 ans interpellée pour trafic de cannabis
Une affaire pour le moins inhabituelle secoue l’État d’Ogun, dans le sud-ouest du Nigeria. Une femme âgée de 101 ans, Esther Ogunmabo, a été interpellée pour possession et vente présumée de cannabis. Elle affirme avoir basculé dans cette activité après avoir perdu son petit commerce dans un incendie.
L’âge exceptionnel de la suspecte a suscité une vive attention au Nigeria. Esther Ogunmabo, présentée comme une arrière-grand-mère de 101 ans, a été arrêtée le samedi 15 août 2026 à Ilisan, dans l’État d’Ogun, lors d’une opération menée par l’Agence nationale nigériane de lutte contre la drogue (NDLEA).
Selon les informations communiquées par les services antidrogue, les agents ont découvert en sa possession environ 90 grammes de « skunk », une variété de cannabis, déjà répartis en petites quantités et conditionnés pour une revente présumée au détail.
Lors de son interrogatoire, la centenaire aurait expliqué qu’elle exploitait autrefois une petite boutique où elle vendait des produits de première nécessité. Mais son commerce aurait été entièrement ravagé par un incendie, la privant ainsi de son principal moyen de subsistance. C’est après cette perte qu’elle aurait commencé, selon ses propres déclarations rapportées par les autorités, à vendre du cannabis dans son quartier.
Les investigations ont également conduit les enquêteurs vers l’une des filles de la suspecte, installée à Lagos. Cette dernière serait soupçonnée d’avoir assuré l’approvisionnement en cannabis à intervalles réguliers. La marchandise aurait ensuite été divisée en petites portions avant d’être écoulée localement. La fille d’Esther Ogunmabo aurait été à son tour interpellée dans le cadre de l’enquête.
Aucune condamnation n’a toutefois été prononcée à ce stade. Les responsabilités exactes des deux femmes devront être déterminées par la procédure judiciaire et les conclusions de l’enquête en cours.
Compte tenu de l’âge très avancé de la suspecte, le président de la NDLEA, Buba Marwa, aurait ordonné sa remise en liberté sous caution, avec un dispositif d’accompagnement adapté à sa situation. Cette mesure ne met cependant pas fin aux poursuites éventuelles ni aux investigations sur l’origine de la drogue et les personnes susceptibles d’être impliquées dans son approvisionnement.
Au-delà du caractère insolite de cette arrestation, l’affaire soulève aussi la question de la précarité dans laquelle peuvent basculer certaines personnes âgées après la perte de leur activité ou de leurs moyens de subsistance. Le récit de la centenaire, s’il reste à confronter aux éléments de l’enquête, met en lumière le contexte social qu’elle présente comme étant à l’origine de son implication présumée dans cette activité illégale.
Pour les enquêteurs nigérians, l’objectif est désormais de faire toute la lumière sur cette affaire et de déterminer l’étendue réelle du réseau d’approvisionnement présumé. Pour l’opinion publique, cette image d’une femme de 101 ans arrêtée dans une affaire de drogue restera sans doute comme l’un des épisodes les plus singuliers de l’actualité judiciaire nigériane de ces derniers mois.
