Produits pétroliers de contrebande: «L’État ne nous oblige pas à fixer un prix du carburant « kpayo »…», Henri Comlan Assogba
Le président de la 3APP salue les avancées de l’État et réclame des mini-stations pour les derniers vendeurs
À l’occasion de l’Acte V de « Café Coulisses », organisée autour du thème « De l’informel au formel : comment réussir la transformation totale du secteur des produits pétroliers de contrebande et en faire un véritable moteur de développement du Bénin ? », Henri Comlan Assogba, président de l’Association des importateurs, revendeurs et transporteurs de produits pétroliers du Bénin (3APP), a dressé un état des lieux du secteur. Il a notamment salué les réformes engagées sous le président Patrice Talon tout en formulant des propositions pour accélérer la professionnalisation de cette filière.
Face aux participants réunis au Coin Café, Henri Comlan Assogba a affirmé que les réformes entreprises ces dernières années ont profondément amélioré les conditions d’exercice des acteurs du secteur des produits pétroliers communément appelés « kpayo ». « Depuis les réformes du président Talon, nous qui exerçons dans le secteur, nous nous portons bien. L’association que je préside se porte également bien. Nous avons créé cette association pour mettre de l’ordre dans le secteur », a-t-il déclaré. A l’en croire, malgré ces progrès, le secteur demeure encore largement informel. Il a expliqué que les acteurs ne sont pas encore soumis à un régime fiscal classique et ne s’acquittent pas d’impôts directs auprès de l’État, hormis les formalités douanières liées à leurs activités.
Abordant la question sensible des prix, le président de la 3APP a précisé que les tarifs du carburant vendu dans le secteur informel ne sont pas imposés par les autorités publiques. Il a indiqué que cette responsabilité est assumée par l’association afin d’éviter une concurrence déséquilibrée avec les stations-service conventionnelles. « L’État ne nous oblige pas à fixer un prix du carburant « kpayo ». C’est nous-mêmes, au niveau de l’association, qui fixons les prix, parce que nous ne voulons pas créer une concurrence déloyale envers les stations-service », a-t-il expliqué.
Henri Comlan Assogba a également salué la mise en place des mini-stations de distribution, qu’il considère comme une réforme majeure destinée à renforcer la sécurité et à réduire les risques liés à la commercialisation anarchique des produits pétroliers. Il a souligné que ces mini-stations sont réparties par zones et que tout citoyen remplissant les conditions peut introduire une demande. Selon lui, l’association est associée par les pouvoirs publics au processus de distribution de ces infrastructures. Le responsable de 3APP a enfin lancé un appel au gouvernement afin que cette réforme profite jusqu’aux plus petits commerçants du secteur. « Je demande à l’État de faire tout son possible pour que le dernier vendeur puisse bénéficier d’une mini-station », a-t-il plaidé.
Il a, par ailleurs, tenu à préciser que les bénéficiaires des mini-stations ne versent aucun paiement à l’État pour leur attribution. En revanche, il a indiqué que les 25 FCFA ajoutés au prix de chaque bouteille de carburant sont perçus par l’État dans le cadre du mécanisme mis en place.
Par Joseph-Martin HOUNKPE
