Soupçon de malversations/centre de santé de Tèvédji fermé: la population souffrant le martyr, appelle les autorités au secours

Soupçon de malversations/centre de santé de Tèvédji fermé: la population souffrant le martyr, appelle les autorités au secours

Urgence d’un audit pour situer les responsabilités 

Le centre de santé de Tèvédji, situé dans l’arrondissement de Sagon, commune de Ouinhi, traverse une crise sans précédent. Depuis quelque temps, ce centre de santé de proximité qui fournit des soins aux citoyens à la base, est au ralenti, voire plus du tout, au grand désarroi de la population locale. En cause, des soupçons de mauvaise gestion des ressources financières pourtant mobilisées pour assurer sa relance.

La peine des populations 

Le centre de santé de Tèvédji joue un rôle essentiel, il est le seul qui fournit les divers de santé à la population de la zone. A en croire le chef du village de Tèvédji, M. Pierre Fanou joint par nos confrères de Le Matinal, la fermeture de ce centre est « suicidaire ». Pour lui, le Centre de santé « ne peut en aucun cas être fermé compte tenu de son importance pour la population». Il a précisé qu’il dessert trois hameaux périphériques et sa fermeture aurait déjà entraîné un taux de mortalité. Avant de trouver où se soigner, les malades doivent parcourir une distance d’au moins dix kilomètres sur des routes dégradées. Piquée d’une colère, madame Augustine Gnanvi témoigne que cette décision « a accentué les difficultés des femmes qui doivent parcourir de longues distances pour se soigner».

Des fonds mobilisés, mais sans impact visible

Pour rappel, le centre de santé de Tèvédji a été mis en service depuis 2005. Mais il s’est retrouvé dans un état de délabrement avec le temps. Pour sa relance, les populations, appuyées par des membres de la diaspora, avaient réussi à réunir une somme de 900 000 F CFA. Sur ce montant, 500 000 F CFA devaient servir au paiement des salaires des agents, afin de consolider les recettes et garantir trois mois de fonctionnement normal. L’enveloppe devait également permettre l’achat de produits pharmaceutiques et soutenir l’autonomie financière de la structure.

Mais sur le terrain, rien ne semble avoir changé. Les difficultés se sont même aggravées, et le centre de santé est aujourd’hui dans un état de paralysie. Les agents de santé, privés de salaires, ont peu à peu déserté les lieux. La seule aide-soignante encore en poste aurait dû s’absenter pour des raisons familiales sans qu’aucun remplaçant ne soit désigné. Cela a entraîné la suspension totale des activités médicales. La grosse question que se posent les habitants de Tèvédji est celle-ci: « comment les fonds mobilisés ont été gérés ?». Décidés à voir clair dans cette affaire, ils appellent humblement les autorités compétentes à se saisir du dossier afin de situer les responsabilités. Ceci permettra à coup sûr la reprise des activités aus sein du centre pour sauver à la vie aux malades.

Des voix dissonantes 

Face à la situation périlleuse des habitants de Tèvédji, notre rédaction a joint le Maire de la commune de Ouinhi. En déplacement hors du territoire, il dit avoir été informé de la situation par téléphone. « C’est un dossier qui était en cours avant que je ne sois élu maire de Ouinhi. Ce qu’on m’a dit au téléphone, c’est qu’il avait un souci de payement pour la sage-femme ou l’infirmier qui était là. Le CA d’alors de l’arrondissement de Sagon, Isidore Odjo avait souhaité que le centre ne soit pas fermé. Par conséquent, il a exhorté la population à souscrire à une cotisation pour que l’infirmière ou la sage-femme sur les lieux soit payée. Ils auraient fait une souscription de près de 900.000 FCFA. A leur grande surprise, il paraîtrait qu’après trois mois, la sage-femme est partie et le centre a été fermé. Il n’y avait plus de personnel là. Il paraîtrait que lorsque les rumeurs ont commencé depuis quelques jours, il y a une réunion de l’hôpital de zone de Covè-Zangnado-Ouinhi. Hier, il y a une infirmière qui a été envoyée dans le centre. Les choses sont en train de revenir à la normale», a-t-il confié. Le Maire a promis dès qu’il descend de la mission qu’il se portera sur les lieux pour en savoir davantage.

Contacté, le chef de Zone sanitaire Covè-Zangnado-Ouinhi a déclaré  »qu’ils n’ont rien fait » pour avoir peur. Il écarte ainsi toute accusation de malversation. « Ils peuvent envoyer tous les Inspecteurs pour venir vérifier. C’est même la norme. Ils ont déjà saisi le ministère, c’est déjà largement suffisant ». Pour lui, ce sont des gens qui ont dilapidé les fonds de la communauté et ils ne savent pas comment se justifier. « C’est seulement pour trois mois qu’ils ont cotisé: mai,juin, juillet. Le reste des cotisations devaient servir a raccorder l’eau au centre de santé, installer la douche et consorts, ils n’ont rien fait. Ils ont dilapidé des fonds et ils cherchent des boucs émissaires. S’il y a de malversations, il y a des gens de l’IGF pour venir fouiller». Il est nécessaire que les autorités compétentes s’imprègnent du dossier pour faire jouir pleinement à la population de Tèvédji ses droits à la santé.


Par Joseph-Martin HOUNKPE 

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La Rédaction

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