Candide Azannaï à la CRIET : son avocat réagit après son audition
L’homme politique Candide Azannaï a comparu ce jeudi 18 juin 2026 devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). L’ancien ministre de la Défense est accusé de complot contre la sûreté de l’État béninois. Rencontré à la sortie de cette audition, qui a duré plusieurs heures, l’avocat de l’opposant, Maître Aboubacar Baparapé, a livré ses impressions.
L’ancien député de la 6e législature, Candide Azannaï, poursuivi pour « complot contre l’autorité de l’État » et « incitation à la rébellion », a été auditionné ce jeudi 18 juin 2026. Ceci après six mois de détention provisoire à la prison civile d’Akpro-Missérété. Après avoir été interrogé pendant plusieurs heures devant la commission d’instruction de la CRIET sur les griefs qui lui sont reprochés, « il a répondu de la plus belle manière », a confié son avocat, Maître Aboubacar Baparapé.
Sans entrer dans les détails de l’instruction, il affirme que les faits reprochés à son client ne sont pas suffisamment constitués. « Il n’y a aucun élément probant susceptible de l’impliquer dans la tentative de coup d’État », a déclaré l’avocat. L’homme de droit se dit<< optimiste>> quant à l’issue du dossier,au micro de Bip Radio.
Il faut le rappeler, Candide Azannaï a été interpellé puis placé en détention provisoire le 20 décembre 2025. C’était au lendemain de la tentative de coup d’État du 7 décembre 2025. L’ancien député s’apprêtait à tenir une activité politique au siège de son parti, Restaurer l’Espoir, à Cotonou, lorsque les forces de l’ordre l’ont embarqué. Il est poursuivi pour « complot contre l’autorité de l’État » et « provocation directe à la rébellion » et a été placé sous mandat de dépôt à l’issue de sa première comparution devant le juge des libertés.
L’opposant politique est inculpé pour des faits jugés graves, mais les détails de l’accusation n’ont pas encore été rendus publics. Par ailleurs, au mois de mars 2026, les proches de Candide Azannaï ont publiquement dénoncé les conditions dans lesquelles il est détenu. « Il est enfermé 24 heures sur 24 sans possibilité d’avoir une heure pour marcher ou faire du sport, comme c’est le cas pour les autres détenus », avait indiqué la défense de l’accusé. Mais Candide Azannaï n’est pas le seul à avoir été arrêté dans cette affaire de coup d’État déjoué. L’ancien député de l’opposition, Soumaïla Sounon Boké a été aussi interpellé dans la foulée, jugé et condamné à cinq ans de prison pour avoir écrit dans un groupe WhatsApp, le jour de la tentative de coup d’État : « C’EST JOUR DE FÊTE ».
À travers son intervention, Maître Aboubacar Baparapé dit espérer une issue favorable pour cet artisan de la victoire de Patrice Talon à l’élection présidentielle de 2016. « Je me bats pour obtenir un non-lieu afin que l’affaire ne soit pas renvoyée devant la juridiction de jugement », a-t-il déclaré avant de conclure : « Nous allons attendre que la commission d’instruction finisse son travail. Si elle conclut à un non-lieu, ceux dont l’infraction ne sera pas constituée seront libérés. En revanche, ceux qui seront retenus comme présumés coupables seront renvoyés devant la juridiction de jugement qui, à la barre, approfondira l’enquête entamée par la police. » fait savoir l’avocat pour conclure son intervention.
Par Rogatien Allotchème
