Grâce présidentielle : Quand l’indépendance devient une seconde chance
Le 1er août 2026, le Bénin a fêté ses 66 ans d’indépendance. Cette année, au-delà des discours et des défilés, le président Romuald Wadagni a décidé de libérer 369 personnes qui étaient en prison. Les premières libérations ont commencé le jour même.
Le chiffre a fait le tour des médias et des réseaux sociaux. Il est facile à retenir. Il est concret. Mais en s’arrêtant là, on risque de passer à côté de beaucoup chose dont le choix symbolique de cette date. Le président pouvait signer ce papier n’importe quel jour. La Constitution lui donne le droit de grâce à tout moment. Il aurait pu le faire en juillet comme il aurait attendu le mois de septembre. Le calendrier judiciaire ne lui imposait rien. Mais il a choisi le jour de l’indépendance. Le jour où on célèbre la liberté du pays. Le jour où on dit que le Bénin est maître de son destin. Le message qu’on peut déchiffrer de ce choix est que si un pays peut être libre, un homme aussi peut avoir une deuxième chance.
Rappelons nous que la grâce n’efface pas la faute. La personne reste condamnée. Mais l’État décide d’alléger sa peine. C’est prévu par la loi. C’est le droit du président. Le communiqué du ministère de la Justice et de la Legislation dit d’ailleurs peu de choses sur les bénéficiaires. Il dit beaucoup sur l’intention. On y lit « seconde chance », « humanité », « discernement », « cohésion nationale ». Pas seulement du droit mais aussi du sens et de l’humain.
Il y a 2 façons de voir les choses. Certains diront que c’est de la politique. D’autres diront que c’est un geste humain. Les deux peuvent être vrais. Mais la vraie question est ailleurs. Que feront ces 369 personnes une fois libres ? Est-ce qu’elles vont saisir cette chance pour recommencer à zéro ? Une grâce ne sert à rien si la personne retombe dans les mêmes erreurs.
Au fond, un pays se construit en étant ferme. Et un pays se construit aussi en sachant pardonner quand c’est possible. C’est peut-être ça, la vraie indépendance.
Par Bérenger HOUNHOUEGNON
