États-Unis : un jeune homme condamné à plus de dix ans de prison pour avoir préparé un braquage avec ChatGPT
Un jeune Américain de 23 ans, Deron Lewis-Payne, a été condamné à 121 mois de prison fédérale pour le braquage d’une banque à Omaha, dans le Nebraska. L’enquête a notamment révélé qu’il avait effectué des recherches sur ChatGPT pour préparer son passage à l’acte.
La justice fédérale américaine a prononcé une lourde peine contre Deron Lewis-Payne. Âgé de 23 ans, le jeune homme a été condamné, le 13 août 2026, à 121 mois de prison, soit un peu plus de dix ans, pour le braquage d’une banque et l’utilisation d’une arme à feu au cours de cette attaque.
La décision a été rendue par le juge fédéral Robert F. Rossiter Jr., à Omaha, dans l’État du Nebraska. La peine se compose de 37 mois d’emprisonnement pour le braquage de banque et de 84 mois supplémentaires pour avoir brandi une arme à feu lors de la commission d’un crime violent. Les deux condamnations devant être exécutées successivement, la peine totale atteint 121 mois.
Les faits remontent au 10 février 2026. Ce jour-là, selon les éléments de l’enquête, Deron Lewis-Payne s’est introduit dans une agence d’i3Bank à Omaha, muni d’un pistolet semi-automatique de type Llama Mini-Max .45. Il aurait menacé deux employés afin de s’emparer de l’argent disponible dans les caisses de l’établissement.
Le montant du butin a été évalué à environ 9 175 dollars. Les images de vidéosurveillance ont rapidement fourni aux enquêteurs plusieurs indices, notamment sur le visage du suspect et les vêtements qu’il portait au moment des faits. D’autres caméras installées aux abords de la banque ont également permis d’identifier le véhicule utilisé pour prendre la fuite.
C’est toutefois l’exploitation du téléphone du suspect qui a mis en lumière un élément particulièrement inhabituel dans ce dossier. Les enquêteurs ont découvert, avec son consentement à la fouille de l’appareil, plusieurs recherches effectuées sur ChatGPT. Selon le ministère américain de la Justice, Lewis-Payne avait notamment interrogé le chatbot sur les délais d’intervention des forces de l’ordre, le démontage et la réparation de son arme, ainsi que sur les moyens d’obtenir des munitions alors qu’il n’était plus légalement autorisé à posséder une arme en raison d’une précédente condamnation.
Son historique numérique comportait également une recherche sur Google Maps permettant d’obtenir un itinéraire vers l’agence bancaire ciblée. Pour les autorités américaines, ces différents éléments ont permis d’établir que l’intelligence artificielle avait été utilisée comme l’un des outils de préparation du braquage.
La condamnation ne porte cependant pas sur le simple usage de ChatGPT. Deron Lewis-Payne a été poursuivi et reconnu coupable pour les infractions directement liées au braquage et à l’utilisation d’une arme à feu pendant cette attaque. La référence au chatbot intervient dans le dossier comme un élément illustrant la préparation de l’opération.
L’enquête menée par le FBI a également permis de retracer une partie du parcours du suspect après le vol. Des images de surveillance et des données recueillies dans plusieurs commerces ont montré qu’une partie de l’argent dérobé avait été dépensée dans des boutiques situées au Westroads Mall, un important centre commercial d’Omaha. Lors de son interpellation, le jeune homme aurait tenté de fuir, abandonnant une partie des billets dans sa course. Les forces de l’ordre ont finalement récupéré 2 397 dollars sur les 9 175 dollars volés. L’arme utilisée lors du braquage, en revanche, n’a jamais été retrouvée.
Au terme de sa peine de prison, Deron Lewis-Payne devra encore se soumettre à cinq années de liberté surveillée. Ce régime fédéral de supervised release impose un contrôle judiciaire après la sortie de prison et peut entraîner de nouvelles sanctions en cas de non-respect des obligations fixées par la justice. Aux États-Unis, le système fédéral ne prévoit plus de libération conditionnelle au sens traditionnel pour les crimes relevant du régime actuel. Depuis la réforme adoptée en 1984, applicable aux infractions commises à partir du 1er novembre 1987, la liberté surveillée après l’incarcération a remplacé ce mécanisme.
